A Saly, la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn) et l’administration territoriale ont validé les outils de gouvernance des futurs pôles régionaux. Cette étape cruciale marque le passage d’une gestion centralisée à une action de proximité, visant à rapprocher durablement l’aide sociale des populations les plus vulnérables.
Par Alioune Badara CISS – Passer d’une gestion centralisée à une action de proximité : tel est l’enjeu majeur de l’atelier national de validation des arrêtés et feuilles de route des plateformes régionales de protection sociale qui s’est ouvert à Saly (Mbour). Cette rencontre marque un tournant décisif dans la mise en œuvre de la «Vision Sénégal 2050», en plaçant désormais les gouverneurs de région au cœur du dispositif de solidarité nationale. L’objectif principal de cette réforme est de rationaliser l’action des différents acteurs. Jusqu’ici, le constat général faisait état de ressources dispersées et d’initiatives parfois redondantes. La création des pôles régionaux vient corriger ces dysfonctionnements en offrant un cadre formel et standardisé de coordination.
Pour Ababacar Sadikh Niang, adjoint au Gouverneur de la région de Thiès chargé du Développement, cette réorganisation transforme profondément le rôle des autorités locales. «Cette importante rencontre témoigne d’une volonté ferme des plus hautes autorités de renforcer la territorialisation des politiques de protection sociale, en faisant des gouverneurs de région de véritables architectes du développement social dans leurs circonscriptions», a-t-il affirmé lors de son discours d’ouverture.
Loin d’être de simples structures administratives supplémentaires, ces pôles se veulent la cheville ouvrière d’une protection sociale de terrain. Ils devront répondre à des défis urgents et multisectoriels tels que l’urbanisation rapide, la précarité des femmes, le chômage des jeunes et l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
Le défi des moyens opérationnels
L’adjoint au Gouverneur a toutefois insisté sur la nécessité de donner corps à cette réforme sur le plan logistique et financier : «Un bel arrêté sans moyens opérationnels risquerait de rester lettre morte. L’arrêté-type doit être un document vivant, adaptable aux réalités de chaque territoire.»
Ce processus, entamé depuis décembre 2024 à travers les 14 régions du pays, entre aujourd’hui dans sa phase de consolidation. Matar Sène, Délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale, a rappelé l’importance de la tournée nationale qui a précédé cet atelier, laquelle a permis d’identifier finement les besoins spécifiques de chaque zone. Pour lui, l’ambition ultime est de bâtir un système inclusif où personne n’est laissé pour compte.
Il a ainsi souligné que la réussite de ce projet repose sur une coopération étroite entre les services de l’Etat, les collectivités territoriales et les partenaires au développement. «C’est une synergie. Pourquoi faire ce travail ? Pour que les populations ne soient pas laissées à elles-mêmes, car nous sommes là pour les soutenir. Le Sénégal doit être un pays pour tous», a-t-il plaidé, rappelant que ce dispositif s’inscrit dans la nouvelle Stratégie nationale de protection sociale (Snps) 2026-2050.
A l’issue de cet atelier de Saly, les feuilles de route validées serviront de boussole aux administrations régionales. Elles auront pour mission de transformer les orientations politiques en résultats concrets et mesurables au bénéfice des citoyens les plus démunis.
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