Face aux défis de l’emploi et de l’émigration clandestine, la ville de Mbour a célébré la réussite de 1000 jeunes travailleurs. Grâce au programme de Validation des acquis de l’expérience (Vae), ces artisans du secteur informel détiennent désormais un diplôme officiel, véritable sésame pour leur insertion professionnelle au Sénégal.

Par Alioune Badara CISS – La reconnaissance du talent «appris sur le tas». Le paysage de la formation professionnelle à Mbour vient de franchir une étape décisive. Lors d’une cérémonie solennelle, 1000 jeunes issus de secteurs variés -bâtiment, agriculture, pêche, hôtellerie ou encore numérique- ont reçu leurs parchemins. Cette deuxième session de la Validation des acquis de l’expérience (Vae) est le fruit d’un partenariat stratégique entre les communes de Rufisque-Ouest, Mbour, Kaolack, le cabinet Mewi Finance et l’association Nseo. L’objectif est simple mais ambitieux : transformer des années de pratique sur le terrain en une certification académique reconnue par l’Etat.

Un rempart contre l’émigration clandestine

Pour les initiateurs du projet, l’enjeu dépasse la simple remise de diplômes. Il s’agit d’une réponse concrète au phénomène de l’émigration irrégulière. La maire de Rufisque-Ouest, instigatrice de la démarche, a rappelé l’urgence de restaurer la confiance : «L’objectif est de leur faire croire en eux-mêmes et de leur montrer qu’ils ont une place ici, au Sénégal.»

Un sentiment partagé par Bayati Babou, 2ème adjoint au maire de Mbour, qui identifie la précarité comme le principal moteur des départs en pirogue. «Un jeune qui possède un métier n’a pas besoin d’émigrer. Nous croyons en la responsabilité de notre jeunesse en leur donnant les moyens de vivre dignement de leur art ici», a-t-il affirmé, soulignant que la réussite locale est souvent plus solide que l’exil précaire.

Des métiers en phase avec le marché

Le choix des filières ne doit rien au hasard. Selon M. Ndiaye, président de l’association Nseo, le programme cible des «métiers de pointe», où la demande est immédiate. «Aujourd’hui, on a besoin de profils opérationnels sur site. En Europe comme ici, c’est le savoir-faire qui prime sur le cursus académique classique», explique-t-il.

Un suivi post-formation pour garantir l’emploi

Pour que ces parchemins ne restent pas dans les tiroirs, les autorités locales et les partenaires financiers ont annoncé la création d’un comité de suivi. Ce dispositif accompagnera les nouveaux diplômés vers l’emploi salarié ou l’entrepreneuriat. Le maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, représenté lors de l’événement, a été vivement salué pour son engagement financier à travers l’octroi de bourses, prouvant que le développement local repose avant tout sur la valorisation du capital humain.

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