Afin de consolider la redevabilité et d’harmoniser la prise en charge des réclamations citoyennes, la Direction générale de l’Administration territoriale (Dgat) et l’Agence de développement municipal (Adm) organisent deux jours de travaux consacrés au Mécanisme de gestion des plaintes (Mgp). Réunis depuis hier à Saly, autorités administratives, sous-préfets et partenaires techniques posent les jalons d’une administration plus réactive et plus proche des populations.

Par Alioune Badara CISS – La gouvernance locale franchit un nouveau cap au Sénégal. Dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), la Direction générale de l’Administration territoriale (Dgat) et l’Agence de développement municipal (Adm) ont ouvert, depuis hier à Mbour, un atelier de renforcement des capacités, d’harmonisation des pratiques et de sensibilisation sur le Mécanisme de gestion des plaintes (Mgp). Ces travaux de deux jours visent à installer et à opérationnaliser les commissions locales présidées par les sous-préfets, destinées à traiter les réclamations non résolues au niveau communal. L’enjeu central de cette rencontre est d’unifier l’application du Mgp à travers l’ensemble des collectivités territoriales bénéficiaires. S’il constitue un Indicateur de performance (Idp) clé pour les 19 communes principales, le mécanisme est déployé dans toutes les communes-pilotes du projet. Il permet d’instruire, selon un processus clair en sept étapes, des requêtes d’ordre environnemental, social, sécuritaire ou relatives aux conditions de travail. Pour William Manel, Directeur général de l’Administration territoriale, le Mgp s’inscrit au cœur de la modernisation de l’Etat de Droit et de la gestion publique. «La qualité de la gouvernance territoriale repose notamment sur notre capacité à être à l’écoute des populations, à prendre en charge leurs préoccupations et à apporter des réponses appropriées, dans un esprit de dialogue, de transparence et de redevabilité», a-t-il souligné lors de la cérémonie d’ouverture. Insistant sur la mission des autorités territoriales, il a rappelé aux sous-préfets que leur rôle sera déterminant pour «assurer un traitement impartial, diligent et concerté des plaintes» et concrétiser l’ambition «d’une administration territoriale plus proche des citoyens, plus accessible et plus réactive».

De son côté, le Directeur général de l’Adm, Dr Mouhamadou Mahmoud Diop, a rappelé que le Mgp est «bien plus qu’un dispositif administratif». «Il constitue un cadre de dialogue qui permet aux citoyens, aux communautés et aux autres parties prenantes d’exprimer leurs préoccupations et d’obtenir des réponses transparentes, dans des délais raisonnables», a-t-il affirmé.

Tout en saluant les avancées enregistrées depuis le lancement du Pacasen, le patron de l’Adm a pointé la nécessité de réduire les disparités de terrain : «L’expérience du terrain nous enseigne qu’il existe encore des disparités dans la compréhension du dispositif. C’est tout le sens de notre rencontre aujourd’hui : mettre à niveau les connaissances, harmoniser nos pratiques et nous assurer que nous partageons une même lecture, un même langage et une même rigueur.» Au terme des échanges, les participants s’attellent à élaborer une feuille de route claire avec des échéances précises pour la prise des arrêtés d’installation des commissions locales. L’objectif affiché par l’Adm, soutenue par ses partenaires techniques et financiers comme la Banque mondiale et l’Agence française de développement (Afd), est de pérenniser ce cadre de participation citoyenne au-delà même de la durée de vie du Pacasen.

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