Les sites d’orpaillage artisanal des régions de Tambacounda et Kédougou sont-ils devenus le réceptacle de substances mortelles ? Dans une opération coup de poing menée à Dyabougou, le Commissariat spécial de Kidira a démantelé un réseau de trafic de produits toxiques. Trois individus ont été interpellés en possession de centaines de kilogrammes de cyanure et de zinc destinées aux mines d’or. Si deux complices ont réussi à prendre la fuite, cette saisie spectaculaire met en lumière la vigilance accrue des Forces de l’ordre face à un business clandestin qui menace autant la sécurité que l’environnement.
Par Abdoulaye FALL – Les sites d’exploitation artisanale de l’or sont-ils en passe de devenir des foires à ciel ouvert pour des produits chimiques dangereux ? Le cyanure, le mercure et le zinc, indispensables à l’extraction de l’or mais extrêmement nocifs, hantent désormais le sommeil des populations et des autorités. Derrière ce trafic, se cachent d’importants flux financiers générés par une activité prohibée qui pousse les contrebandiers à emprunter des points de passage clandestins pour infiltrer les régions de Tambacounda et Kédougou.
Les limiers du Commissariat spécial de Kidira viennent de porter un coup d’arrêt à l’une de ces filières. Lors d’une patrouille de sécurisation frontalière à Dyabougou, les hommes en uniforme ont intercepté une cargaison impressionnante : 400 kg de cyanure et 250 kg de zinc, transportés sur quatre motos. Le mode opératoire est désormais bien identifié par les autorités : en provenance des pays limitrophes, les trafiquants contournent les postes de contrôle officiels pour livrer ces substances très prisées sur les sites d’orpaillage.
C’était cependant sans compter sur la perspicacité des agents du Commissariat spécial. Surpris en flagrant délit, deux des quatre convoyeurs ont réussi à prendre la poudre d’escampette, abandonnant sur place motos et marchandises. Les deux autres transporteurs, ainsi que le destinataire final de la cargaison, n’ont pas eu cette chance. Interpellés et soumis au feu roulant des questions des enquêteurs, ils ont été déférés au Parquet du Tribunal de grande instance de Tambacounda, où ils ont été placés sous mandat de dépôt.
Cette opération réussie prouve, si besoin était, que la surveillance de la frontière reste une réalité tangible. Elle illustre surtout la détermination des Forces de sécurité à assainir un secteur de l’orpaillage trop souvent gangréné par des pratiques illicites et périlleuses pour l’écosystème local.
afall@lequotidien.sn
