Sale début de semaine pour les mauvais coucheurs du peuple des 54%. Le Conseil constitutionnel, comme à son habitude depuis l’avènement de l’hérésie électorale «Diomaye môy Sonko», vient de retoquer la proposition de loi des députés de Pastef, laquelle vise à encadrer les crédits spéciaux alloués au président de la République.

En français facile, Ousmane Sonko, Premier ministre fraîchement révoqué et tout nouveau président de l’Assemblée nationale par effraction, après deux années de tribulations à la Primature qui n’en finissent pas de nous révéler d’épatantes anecdotes, revient à la déraison : il faut contrôler la caisse noire du président de la République.

Défense de ricaner.

Et ces braves gens de l’honorable société des députés tiennent à le faire savoir urbi et orbi, à un an des Locales, et sans doute des Législatives anticipées : un fiscaliste patriote, ça ne blague pas avec les deniers publics. La preuve ? Le Gourou du panafricanisme local, après une carrière époustouflante aux Impôts et domaines, n’aurait, dans son bas-de-laine, en tout et pour tout, que quelques misérables millions, en Cfa de surcroît.

Pourquoi toussez-vous ?

À force de céder ses émoluments aux plus démunis depuis sa première législature de 2017 durant laquelle il fait même don de son sang régulièrement, Saint Ousmane de Sweet Beauté finit par devenir un cas social.

Ben voyons…

Premier ministre, le meilleur ennemi de l’ex-ministre Mame Mbaye Niang s’oblige à la sobriété jusqu’à puiser dans les fonds destinés à relancer l’économie en Casamance, histoire d’acquérir, presque pour des prunes, des tape-culs brinquebalants saisis sur des malfrats et qui auraient fini, soit aux enchères, soit à la casse…

Il faut bien que roule jeunesse à la Primature, n’est-ce pas ?

Passons sur son viol de l’institution parlementaire dont il squatte le Perchoir par effraction ; et sur ses menaces, au sommet de son éphémère gloire, de poursuivre en justice tout téméraire qui oserait affirmer qu’il bénéficie de fonds politiques. Moins de deux ans après, il avouera à quelques heures de son brutal limogeage, percevoir à contre-cœur depuis le début du régime «Diomaye môy Sonko», 1,7 milliard d’argent aussi public que «haram» en oubliant toutefois de préciser que cette p’tite bricole pécuniaire n’est malheureusement que trimestrielle.

Le diable est-il dans le détail ?

Cette énième déconvenue de Pastef devant le Conseil constitutionnel cette semaine ne devrait surtout pas nous surprendre : ce parti est le regroupement des inadaptés démocratiques et des allergiques à la République, dont les délires d’opposants irascibles trouvent écho chez cette populace de Sénégalais en colère, que ronge le sentiment intime d’un pays indifférent à leur funeste sort.

On rembobine ?

À tout seigneur, tout honneur… Ça commence par l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Faye, agent du fisc au Cv rachitique, que le doute raisonnable n’atteint pas, au point de croire qu’il peut diriger un État avec ses grandes indignations et ses claquements de doigts… Envoyé en prison en 2023 pour outrage à magistrat, élargi sans jugement après onze mois de détention par la magie d’une amnistie, il se retrouve deux semaines après sa remise en liberté à prêter serment devant le Conseil constitutionnel. On en perd plus que ses notions de Droit et son sens de la Justice pour moins que ça…

C’est psychédélique.

Quant au nouveau meilleur ennemi du Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko, son irrespect des institutions est proverbial, et sa liberté vis-à-vis de la vérité, de notoriété publique. Son cirque commence par de fracassantes révélations durant la législature de 2017, se poursuit avec l’affaire Sweet Beauté durant laquelle chacune de ses déclarations dément les précédentes ; la saga du gourou de Pastef atteint le point culminant avec son procès en diffamation face à Mame Mbaye Niang, au terme duquel il est définitivement condamné.

C’est ce tandem improbable que Macky Sall installe au pouvoir en mars 2024, dont une des premières mesures est de convoquer le nouveau gotha à Diamniadio pour s’interroger sur la Justice sénégalaise avant de lancer des poursuites contre des «prédateurs de la République» que les juges sont contraints de relâcher les uns après les autres, faute de preuves.

La seule question qu’ils devraient se poser alors : à quel moment les produits de l’Éna qu’ils sont, au lieu de construire le pays qui leur donne tout, basculent dans la folie pyromane et deviennent des hors-la-loi ?

Dans leur sillage, une traînée de juristes truculents qui se distinguent durant les années de galère par leur faconde sur les plateaux de télé, les ondes de radios et les réseaux sociaux.

On peut citer le «professeur» Ngouda Mboup, le juriste attitré, qui n’a alors pas encore soutenu sa thèse de doctorat mais pontifie dans les médias avec aplomb au point de devenir le bon client des radios et télés à succès facile. Depuis qu’il est président de conseil d’administration d’on ne sait trop quoi, il tient en son bec un fromage, se sustente en essayant de se faire oublier…

On ne parle pas la bouche pleine, ce serait inconvenant.

Identité remarquable s’il en est, «Maître» Ngagne Demba Touré, dont la morgue séduit les ouailles de Saint Ousmane. Greffier en stage, dans l’attente d’une affectation, il pousse l’audace jusqu’à faire la leçon en public à des agrégés de Droit. A la dissolution de Pastef, tandis que ses notables se font convoquer par les brigades de recherches, Maître Ngagne Demba Touré, fraîchement affecté à Matam en «complément d’effectifs» par Ismaïla Madior Fall, ministre de la Justice et Garde des sceaux (agrégé de Droit, de surcroît), traverse le fleuve tranquillou pour se réfugier au Mali, en attendant que ça se tasse…

La nuée d’avocats qui s’évertuent à lui éviter d’aller en procès, faut-il en citer ?

Contentons-nous du meilleur d’entre eux : Juan Branco, le fils d’un cinéaste et d’une psy espagnols, qui leur vole la vedette à tous. Né le 26 août 1989, trente-sept ans depuis hier, il en a encore du chemin à parcourir dans l’âge de déraison. Après son interdiction de séjour au Sénégal, il débarque incognito et s’invite à la conférence de presse du collectif des défenseurs de Ousmane Sonko au Relais, juste pour s’y faire voir avant de s’évaporer dans la nature… Pris en Mauritanie, il sera embastillé vingt-quatre heures à Rebeuss avant son rapatriement. Il se ruine depuis, la santé mentale à vouloir traîner Macky Sall devant la Cpi pour crimes contre l’humanité.

Il est actuellement suspendu par le Barreau de Paris pour avoir révélé des secrets de l’instruction concernant les accusations de, euh, viols à son encontre.

Voilà, ramassé, le navet des sous-doués à la fake de Droit.

Par Ibou FALL