Grâce à une intervention rapide du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), ce village frontalier de la Guinée-Bissau dispose désormais d’infrastructures scolaires modernes. Un investissement de plus de 80 millions de F Cfa qui met fin à l’ère des abris provisoires.
Par Aladji BADJILANG – A 42 kilomètres de la capitale du Fouladou, dans la commune de Tankanto Escale, le village de Saré Diamboulou vient de franchir une étape majeure dans son développement.
Dans le cadre du nouveau Plan Diomaye Casamance, le Puma a procédé à la réception d’un complexe scolaire flambant neuf, transformant radicalement le visage de l’école élémentaire locale.
Un complexe moderne pour une équité territoriale
Le projet, réalisé en un temps record de trois mois, est à la hauteur des attentes des populations. Il comprend trois salles de classe neuves et réhabilitées, un bloc administratif avec toilettes intérieures, des blocs sanitaires séparés pour élèves et enseignants, un puits moderne équipé d’une pompe manuelle, un mur de clôture en dur sécurisant l’établissement contre les animaux en divagation.
Pour Ndèye Marième Samb, Coordonnatrice nationale du Puma, cette réalisation est une preuve concrète de la volonté de l’Etat de satisfaire les besoins des zones périphériques. «Le programme Diomaye pour la Casamance participe de l’équité territoriale par la construction rapide d’infrastructures sociales de base», a-t-elle souligné lors de la cérémonie.
Un trait d’union entre le Sénégal et la Guinée-Bissau
L’école de Saré Diamboulou n’est pas seulement un lieu d’apprentissage pour les petits Sénégalais. Située sur la ligne frontalière, elle accueille de nombreux élèves venus des villages bissau-guinéens voisins.
Une mixité qui témoigne de l’harmonie entre les deux peuples partageant le même espace géographique.
Cependant, le défi reste humain. Ibrahima Gning a profité de la réception pour interpeller les autorités académiques sur la nécessité de renforcer le corps enseignant, afin de mieux encadrer ces élèves répartis dans cinq classes multigrades.
De l’ombre des militaires à la lumière du savoir
L’émotion était palpable chez Hamady Kandé, un enfant du terroir, aujourd’hui devenu enseignant à Médina Yoro Foulah. Ses souvenirs de l’école de Saré Diamboulou sont marqués par une cohabitation singulière. «De 2000 à 2007, cette école abritait un cantonnement militaire. Elèves, enseignants et soldats partageaient le même espace», a-t-il rappelé, évoquant le stress des enfants de 6 à 11 ans côtoyant quotidiennement des hommes en armes.
Aujourd’hui, cet environnement martial appartient au passé. Les populations, en liesse, ont dansé pour célébrer cette nouvelle ère de sérénité. Un soulagement immense pour cette communauté qui voit enfin ses enfants étudier dans des conditions dignes de la République.
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