A l’occasion de la Journée nationale de l’anacardier, l’Interprofession cajou du Sénégal (Icas) a mobilisé les populations de Saré Samba Diao, dans la commune de Bignarabé. Entre reboisement massif et formation aux bonnes pratiques agricoles, l’événement a mis en lumière le potentiel économique de l’anacarde dans le Fouladou, poussant les autorités locales à réclamer l’installation d’une unité industrielle de transformation.

Par Aladji BADJILANG – Une journée de reboisement spécialement dédiée à l’anacardier s’est tenue sur un site-pilote destiné à devenir un véritable champ de référence pour la région. Organisé sous l’égide de l’Interprofession cajou du Sénégal (Icas), cet événement a vu une participation active des populations locales. C’est à Saré Samba Diao, village situé dans la commune de Bignarabé (département de Médina Yoro Foulah), que l’Icas a réuni les habitants du Fouladou autour d’une opération de reboisement d’envergure. Sur ce vaste espace aménagé, des milliers de jeunes plants d’anacardiers ont été mis en terre.

Au-delà de la plantation, cette rencontre s’est transformée en une véritable session de formation technique animée par les experts de l’Icas. Du repiquage à la récolte, en passant par l’entretien régulier, plusieurs règles fondamentales ont été transmises aux producteurs pour garantir un rendement optimal : retirer délicatement le sachet plastique, élaguer légèrement le feuillage et enfoncer le plant dans un trou peu profond. Respecter une distanciation stricte de 12 mètres entre les plants et 15 mètres entre les lignes, désherber soigneusement autour de la plante pour la protéger des feux de brousse et assurer un arrosage régulier en cas de besoin, et éviter impérativement de stocker les noix de cajou dans des sacs en plastique ou ayant contenu du riz pour préserver leur qualité.

Autrefois cantonné au rôle de haie vive pour clôturer les vergers, l’anacardier s’impose aujourd’hui comme une véritable culture de rente. Face à cette évolution, Bouba Konta, président de l’Icas, a invité les producteurs à adopter rigoureusement ces normes techniques afin d’inscrire la filière dans une dynamique économique pérenne et profitable à tous. Avec des milliers d’arbres plantés sur son périmètre régional, Kolda affirme progressivement sa vocation de grand bassin de production, portée par ce champ de référence qui servira de vitrine pédagogique et technique.

Un appel à l’industrialisation locale

Prenant la parole lors de la cérémonie, le maire de Bi­gnarabé, Kaba Diao, a plaidé en faveur de l’implantation d’une unité de transformation de la noix de cajou au sein de sa collectivité territoriale. Selon l’édile, la création d’une telle structure industrielle permettrait de lutter efficacement contre le chômage des jeunes et des femmes en créant des emplois locaux directs, renforçant ainsi la position de l’anacarde, qui s’affirme désormais juste derrière l’arachide dans l’économie agricole régionale.

Pour rappel, l’Icas s’assigne pour mission principale de promouvoir et structurer la filière anacarde afin de stimuler le développement socio-économique du Sénégal.

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