A l’approche de l’hivernage, le quartier Kanda Amady Diakho, dans la commune de Kahone (département de Kaolack), étouffe sous les eaux usées. Excédés par une situation qui dure depuis des années et face aux risques sanitaires imminents, les riverains ont manifesté leur colère, ce samedi, pour interpeller directement l’Etat.
Par Modou NDIAYE – Les habitants de Kanda Amady Diakho ont arboré des brassards rouges, ce samedi, lors d’une marche de protestation. Leur objectif : dénoncer le déversement permanent d’eaux usées provenant d’un canal à ciel ouvert qui longe leurs habitations. Pour les riverains, la cohabitation avec cette pollution est devenue un calvaire quotidien. «Regardez l’état de nos rues : on se croirait en pleine saison des pluies, alors que ce n’est pas le cas. Ces eaux usées issues du canal inondent tout, détruisent notre environnement et nous rendent malades. Cela dure depuis plus de quatre ans», déplore Oumar Mbaye, le délégué de quartier.
Face à ce laisser-aller, les manifestants lancent un appel pressant aux autorités. «On a le sentiment d’être abandonnés. Les pluies approchent et, si rien n’est fait, ce sera l’enfer. Nous voulons être entendus et voir des solutions concrètes rapidement», ajoute Cheikh Vilane, un habitant du quartier.
Branchements clandestins et failles de l’Onas
Les manifestants pointent également du doigt l’incivisme de certains riverains. Selon eux, plusieurs concessions ont raccordé illégalement leurs fosses septiques directement au canal, aggravant ainsi le débit et la toxicité des eaux sales. «Le Service d’hygiène doit intervenir fermement. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a aussi un rôle crucial à jouer, car toutes ces eaux finissent par stagner dans notre quartier», souligne M. Vilane.
La hantise de l’hivernage
Dans la région de Kaolack, les premières pluies sont attendues dans les prochaines semaines. Avec un canal déjà saturé et obstrué, la panique s’installe. Les habitants redoutent un cocktail explosif : le mélange des eaux pluviales et des eaux usées risque de provoquer des inondations sévères, de rendre les rues impraticables et de propager des maladies hydriques graves comme le choléra ou la typhoïde. Présente sur les lieux, la maire de Kahone, Fatou Sène, est venue apporter son soutien moral aux populations. Elle a rappelé que ce problème persiste depuis plus de huit ans et impacte également des quartiers voisins tels que Médina Mbaba et Médina Baye. «Le canal est complètement bouché. Lorsque les familles y branchent leurs tuyaux, l’eau ne peut plus circuler. Les habitants de Kanda vivent un calvaire au quotidien. Nous interpellons directement le président de la République et les plus hautes autorités : la reprise des travaux de ce canal ne peut plus attendre», a-t-elle martelé.
En organisant ce point de presse et cette marche, les habitants de Kanda Amady Diakho espèrent avoir provoqué un électrochoc. Ils préviennent toutefois que ce n’est qu’un avertissement : sans réaction rapide des autorités, ils passeront à la vitesse supérieure.
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