Redonner au Sénégal sa splendeur sauvage : c’est le défi fou du projet «Grand Maka Yop – Big 5 Sénégal». En plein cœur de la région de Kaffrine, l’entreprise Lion Rouge s’apprête à transformer 35 000 hectares en un sanctuaire unique en Afrique de l’Ouest. Entre la promesse du retour des lions et éléphants, et la création de milliers d’emplois, ce futur pôle d’écotourisme attend désormais l’onction des autorités pour réveiller le potentiel écologique du pays.
Par Amadou MBODJI – Le projet «Grand Maka Yop – Big 5 Sénégal», porté par l’entreprise Lion Rouge, ambitionne de transformer 35 000 hectares dans la région de Kaffrine en un sanctuaire écologique majeur. Entre restauration de la biodiversité, réintroduction du mythique «Big 5» et développement communautaire, cette initiative se veut une réponse concrète au déclin de la faune sauvage au Sénégal.
Ce projet d’envergure pourrait transformer durablement le paysage environnemental et touristique du Sénégal. Porté par une équipe d’experts et d’acteurs du développement, il prévoit l’aménagement d’une réserve de 35 000 hectares sur des zones de forêts classées dégradées et de terres agricoles fragilisées. Le cœur de cette initiative se situe à Maka Yop, une forêt aujourd’hui menacée de disparition.
Le retour des géants
L’ambition phare du projet est la réintroduction du «Big Five» : le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle. Ces espèces, symboles de la vie sauvage africaine, sont aujourd’hui en danger critique, voire éteintes sur le sol national. «A l’échelle nationale, il reste moins de 40 lions et un seul éléphant», a rappelé Pascaly Sarr, chef du projet «Grand Maka Yop», lors d’un déjeuner de presse organisé hier.
L’objectif est de créer un sanctuaire sécurisé pour garantir que les générations futures puissent admirer ces animaux emblématiques au Sénégal dans cent ans. Pour Adrian Mill, directeur de Lion Rouge, le pays dispose d’un avantage comparatif majeur par rapport à l’Afrique de l’Est ou australe : sa proximité géographique avec l’Europe. Ce positionnement pourrait attirer jusqu’à 250 000 visiteurs supplémentaires par an, dynamisant ainsi toute l’économie touristique régionale.
Un modèle basé sur trois piliers : conservation, communauté, économie
Loin d’être une simple enclave clôturée, le projet repose sur une approche intégrée. Les populations locales sont placées au centre du dispositif avec la promesse de créer plus de 1000 emplois directs et indirects.
Le projet prévoit également une zone agricole durable avec 13 000 hectares qui seront dédiés au soutien de la souveraineté alimentaire des riverains, la lutte contre le changement climatique avec la reforestation permettra de générer des crédits carbone et des crédits biodiversité pour assurer un financement pérenne et un pôle scientifique. Car la réserve aspire à devenir un centre de recherche régional pour la conservation des espèces ouest-africaines.
L’attente du feu vert étatique
Dans un contexte où l’Afrique a perdu 76% de sa biodiversité en 50 ans, cette initiative de l’entreprise Lion Rouge -dirigée par Christophe Diering, par ailleurs Directeur technique de la réserve de Bandia- apparaît comme une opportunité historique. Cependant, la concrétisation de ce rêve écologique dépend désormais du soutien et de l’aval des autorités sénégalaises.
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