La 4ème édition de la Journée nationale des daaras a vécu hier. Le président de la République, qui a reçu le rapport des Assises nationales consacrées aux daaras, a assuré que l’Etat veillera, dès leur adoption par les instances habilitées, à la mise en œuvre progressive de ces recommandations, en articulation étroite avec la refondation curriculaire de notre système éducatif.
Par Badé SECK – C’est un stadium de Dakar Arena plein à craquer qui a abrité la cérémonie annuelle dédiée aux daaras. L’occasion a été saisie par le président de la République pour communier avec les acteurs du sous-secteur de l’éducation. Pour Bassirou Diomaye Faye, cette journée consacre un devoir de gratitude national envers une institution qui façonne depuis des siècles la conscience religieuse, morale, spirituelle et intellectuelle du Peuple sénégalais. «En irriguant notre société de ses valeurs fondatrices, les daaras ont transmis bien plus que des savoirs. Ils ont ancré en chaque génération, le sens de la discipline intérieure, de la dignité, de la solidarité et du service à la communauté», a-t-il justifié. Evoquant l’histoire, le Président souligne que bien avant que les sciences contemporaines de l’éducation ne redécouvrent ces aspects, les daaras en avaient déjà fait leur cœur battant, leur pédagogie et leur démarche didactique.
C’est d’ailleurs dans cet esprit, selon lui, que s’inscrit l’enseignement du Prophète qui disait : «Je n’ai été envoyé que pour parfaire les nobles caractères.»
La célébration de cette journée s’inscrit dans un contexte majeur, celui de la tenue des Assises nationales des daaras dont les conclusions constituent désormais une base solide, légitime et enracinée pour guider les politiques éducatives.
Le chef de l’Etat a salué le travail «remarquable» accompli durant ce processus, malgré la diversité des acteurs, des réalités territoriales. «Ces assises ont été conduites avec une célérité et une rigueur exemplaires, de l’échelon communal jusqu’au niveau national. Une telle mobilisation simultanée constitue une première dans l’histoire de notre pays, témoignant de la capacité des acteurs des daaras à dialoguer et construire des consensus autour de l’intérêt général», se félicite-t-il.
Pour le président de la République, l’enjeu de cette refondation est de réconcilier l’école avec la société. «Pendant trop longtemps, notre système éducatif n’a fait que reproduire les modèles hérités d’autres contextes.
Aujourd’hui, notre ambition est de reconnecter l’éducation avec nos langues nationales, nos savoirs endogènes, nos patrimoines spirituels, tout en renforçant le goût de nos enfants pour les mathématiques, les sciences et les technologies, ainsi que leur désir d’apprendre un métier», a-t-il déclaré. Et face à ces défis, Bassirou Diomaye Faye a assuré que l’Etat veillera, dès leur adoption par les instances habilitées, à la mise en œuvre progressive des recommandations issues des assises, en articulation étroite avec la refondation curriculaire du système éducatif, car la transformation de l’école, à son avis, ne saurait se faire sans intégrer les traditions éducatives qui ont contribué à bâtir notre Nation.
Dans cette dynamique, il a salué les évolutions positives déjà à l’œuvre avec l’émergence de nombreux daaras, qui placent au cœur de leur fonctionnement le bien-être des apprenants, l’hygiène, la sécurité et la dignité des apprenants. Le Président a également salué les performances remarquables des enfants dans les concours internationaux de mémorisation du Saint Coran, témoignant avec éclat que l’excellence spirituelle et le respect de l’enfant vont de pair. C’est pourquoi il dit accorder une importance particulière à l’amélioration continue du cadre de vie et de l’environnement des daaras.
Dissertant sur les missions des daaras, B. D. Faye a fait savoir que ces centres de transmission et de démocratisation du savoir n’ont cessé d’enseigner, d’éduquer, de former, de socialiser et d’humaniser. Ils demeurent, selon lui, un rempart essentiel face aux dérives et à la crise des valeurs. Raison pour laquelle, poursuit-il, les préserver, les accompagner, les valoriser constituent une nécessité stratégique pour un avenir collectif.
La mise en œuvre des conclusions des Assises des daaras passera par l’institutionnalisation d’un cadre juridique, la définition et la sécurisation du statut des maîtres coraniques, l’amélioration des conditions d’apprentissage et la modernisation des programmes. «Cette transformation est une responsabilité collective qui appelle la mobilisation de toutes et de tous, celle des familles, des communautés religieuses, de la Société civile et de tous les partenaires. En valorisant les daaras, le Sénégal affirme que l’éducation ne doit pas séparer le savoir de la spiritualité, car former un être humain, c’est élever son cœur autant que son intelligence et son savoir-faire», a déclaré le chef de l’Etat.
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