Le Sénégal produit juste 5% de ses médicaments, là où le Maroc en est à 65%. Serigne Guèye Diop, Ministre de l’industrie et du commerce (Min), a relevé, mardi, ces chiffres, indiquant la nécessité d’une synergie pour booster la production locale en médicaments. M. Diop s’est exprimé à l’ouverture du Global health innovation forum (Ghif) organisé dans les locaux de l’Iressef et qui, selon lui, devrait marquer un pas important dans cette dynamique. «Le plus important, c’est qu’à l’issue de tout cela, nous avons vu qu’il est nécessaire d’avoir une coalition entre le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie et du commerce, le ministère de l’Enseignement supérieur pour avoir un fonds de soutien de la recherche, un fonds de développement de l’industrie médicale, et avoir une politique, sur les moyen et long termes, de développement de l’industrie médicale», a-t-il souligné, affirmant que ces entités devraient se regrouper autour d’un consortium pour ce faire.
«Ce consortium va nous permettre d’aller trouver des partenariats au niveau international pour financer la recherche, l’industrialisation et également le développement», a poursuivi M. Diop, soulignant aussi la nécessité de trouver un système de financement pérenne de l’Etat pour financer la recherche pour des résultats plus concrets. «La recherche académique ne débouche pas forcément sur des médicaments concrets, sur une commercialisation de ces résultats. Le monde académique ne parle pas au monde industriel, qui ne parle pas non plus au monde commercial. Et le troisième point, c’est le côté financement. Il n’y a pas de structure suffisamment puissante pour financer la recherche, pour financer le développement», a-t-il détaillé pour évoquer l’actuel écosystème autour du médicament, qui se doit d’épouser une nouvelle trajectoire.
Le Min a par ailleurs mis sur la table la disponibilité d’espaces dédiés à ce genre d’industrie. «La grande zone industrielle de Touba va être destinée à l’industrie pharmaceutique et médicale. Il y a une autre zone industrielle ici à Diamniadio pour accueillir ces industries médicales et également pharmaceutiques», a-t-il assuré.
Organisé par la Fondation Iressef, le Ghif en est à sa 1ère édition, qui se tient du 10 au 12 février autour du thème : «Innovation en santé, vecteur de développement.» Quelque 150 responsables issus de secteurs divers dont des décideurs, experts, financiers participent aux travaux déclinés en panels d’échanges.
Par Alioune Badara NDIAYE
Correspondant – abndiaye@lequotidien.sn
