Pour lutter contre l’abandon scolaire des jeunes filles, le Réseau «siggil jigeen yi» (Rsjy) a lancé un plaidoyer fort auprès des municipalités. L’objectif : obtenir des lignes budgétaires spécifiques et des infrastructures adaptées afin que les menstrues ne soient plus un frein à la réussite éducative au Sénégal.

Par Justin GOMIS – Le maintien des filles à l’école est au cœur des préoccupations du Réseau «siggil jigeen yi». Pour combattre la déscolarisation précoce, l’organisation a initié, ce mercredi à la mairie de Guinaw Rail, un atelier de plaidoyer portant sur la Gestion et le financement de l’hygiène menstruelle (Ghm) en milieu scolaire. Selon la présidente du réseau, Mme Safiétou Diop Fall, la précarité actuelle aggrave les difficultés des élèves. «Avec la pauvreté et les crises successives, les filles peinent de plus en plus à rester à l’école à cause de la gestion de leurs menstrues et du manque d’accès aux produits de santé de la reproduction», a-t-elle expliqué.

Le réseau appelle les conseils municipaux à faire preuve de sensibilité sur cette question. Pour ces militantes, les ressources communautaires doivent être réorientées vers ces priorités sociales. Mme Fall a d’ailleurs rappelé l’engagement pris en 2022-2023 au Rwanda par l’ancien Président Macky Sall, qui souhaitait une loi sécurisant les besoins liés à l’hygiène menstruelle pour protéger le parcours scolaire des filles.

Créer des «espaces sûrs» dans les écoles

Le plaidoyer du Rsjy ne se limite pas à la fourniture de serviettes hygiéniques. Il s’agit d’une approche globale incluant l’assainissement et la dignité. «Pour des espaces sûrs, il faut des toilettes séparées et décentes. Il faut aussi anticiper la dimension environnementale en créant des conditions de gestion des déchets liés à l’hygiène au sein même des établissements», précise la présidente.

Le choix de Pikine pour cette rencontre est stratégique, la ville faisant office de pôle central pour les collectivités du département. L’ambition est claire : inciter la Ville de Pikine à inscrire une ligne budgétaire «sensible» dédiée à l’achat de kits d’hygiène, à la construction de blocs sanitaires sécurisés et au gardiennage des lieux.

Le réseau rappelle que ce combat s’inscrit dans une mission plus large : «Le premier acte d’intervention, c’est l’intégrité physique et morale des filles. Nous luttons contre les mutilations génitales féminines et la santé précaire pour assurer une meilleure santé de la reproduction à la femme sénégalaise», a rappelé Mme Fall.

La collectivité territoriale ne reste pas sourde à cet appel. Yaye Bayame Diouf, Conseillère municipale représentant le maire de Pikine, Abdoulaye Timbo, a promis la mise en place d’un plan de communication d’envergure. Ce plan visera à sensibiliser les leaders religieux, communautaires et de santé pour une meilleure appropriation du programme.

Enfin, la municipalité s’est engagée à construire et équiper des infirmeries scolaires. «Une fille qui voit ses règles est souvent en détresse. Nous devons les former à l’école afin qu’elles se connaissent mieux et puissent gérer cette période sereinement», a conclu l’élue.

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