Comme chaque année, l’afflux massif de millions de pèlerins sur les axes routiers menant à Touba est assombri par de tragiques accidents de la circulation. Emu par la douleur des familles éprouvées, Cheikh Bassirou Abdou Khadre a adressé une pensée pieuse et transmis les prières du Khalife général des Mourides pour le repos de l’âme des victimes.

Mais au-delà de la compassion et du réconfort spirituel, la gravité de la situation exige des réponses fermes. Le porte-parole du Khalife a lancé un appel direct et sans équivoque aux Forces de défense et de sécurité : «Nous appelons les Forces de l’ordre à davantage de rigueur dans le travail. C’est à elles d’aider les populations à mieux respecter l’ordre établi.»

Cette exigence de fermeté résonne douloureusement avec les chiffres alarmants dévoilés par les autorités. Lors de la cérémonie officielle de cette 132è édition du Grand Magal, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Mouha­madou Makhtar Cissé, a fait état d’un bilan provisoire lourd d’au moins 22 décès. Face à cette hécatombe, le ministre a exprimé sa vive préoccupation et appelé à un tournant décisif : «les accidents sont nombreux et cela mérite une attention particulière. Il faut maintenant agir. Il ne s’agit plus de faire des constats, il faut poser des actes concrets», a-t-il martelé.

Pointant du doigt l’indiscipline au volant, la surcharge des véhicules et les incivilités récurrentes, le ministre a dénoncé un anarchisme routier devenu inacceptable : «Il y a trop de désordre dans ce pays, et il est temps d’y mettre fin. Il y a beaucoup d’anarchie, mais il faut que chacun y mette du sien pour rétablir l’ordre.»

Entre le rappel à l’ordre de la cité religieuse et la mise en garde du gouvernement, les deux autorités convergent vers un même impératif : une prise de conscience collective urgente et un renforcement strict des contrôles routiers pour préserver les vies humaines lors des grands rassemblements nationaux.