L’ancien ministre des Télécommunications n’a pas tardé à réagir, après le vote de l’Assemblée nationale autorisant sa traduction devant la Haute cour de justice. Depuis le Golfe où il exerce actuellement, Me Moussa Bocar Thiam dénonce une procédure anticonstitutionnelle et pointe du doigt un règlement de comptes politique orchestré par le Premier ministre Ousmane Sonko. Il a annoncé suspendre ses activités professionnelles pour rentrer au Sénégal et «démonter» ce qu’il qualifie de manœuvre de diabolisation.
La riposte est à la mesure de l’offensive parlementaire. Frappé par une procédure de mise en accusation, Me Moussa Bocar Thiam a choisi la confrontation frontale plutôt que l’exil. Bien qu’il conteste vigoureusement la légalité de la démarche de l’Assemblée nationale -y voyant une «violation flagrante de la Constitution»-, l’avocat affirme vouloir se plier au jeu institutionnel. «Je prends congé immédiatement pour regagner le Sénégal», a-t-il déclaré, précisant qu’il se mettrait sans délai à la disposition de la Justice. Un choix qu’il place sous le signe de l’éthique républicaine, affirmant vouloir laver son honneur devant les instances compétentes, malgré ses réserves sur l’impartialité du processus en cours.
Loin de se cantonner au seul terrain juridique, l’ancien ministre a porté le débat sur l’arène politique. Pour lui, le cerveau de cette opération n’est autre que le chef du gouvernement. Me Moussa Bocar Thiam accuse nommément Ousmane Sonko et ses alliés d’être les architectes d’une «cabale politique» visant à neutraliser les voix discordantes. Selon l’ancien membre du gouvernement, cette mise en accusation répondrait à deux objectifs majeurs : affaiblir les figures critiques du précédent régime par la «diabolisation» judiciaire et détourner l’attention de l’opinion publique des difficultés actuelles. «Cette offensive sert à masquer l’incompétence et les limites du gouvernement face aux attentes sociales des Sénégalais», a-t-il martelé.
Le retour de l’avocat-politicien au pays promet d’être électrique. Fort de son expérience au Barreau, Me Moussa Bocar Thiam assure disposer d’arguments nécessaires pour fragiliser le dossier de l’accusation. En promettant de «démonter point par point» les griefs retenus contre lui, il transforme ce qui devait être un procès judiciaire en un véritable bras de fer politique qui tiendra, sans aucun doute, le pays en haleine dans les semaines à venir.
