L’ancienne ministre des Mines et de la géologie, poursuivie devant la Haute cour de Justice pour détournement de deniers publics, recouvre l’entière liberté de ses mouvements. Alors que son procès devait s’ouvrir ce mercredi, la juridiction a ordonné le retrait de sa surveillance électronique et le renvoi du dossier au mois de novembre.

C’est un tournant décisif dans le feuilleton judiciaire de Aïssatou Sophie Gladima. En marge de l’ouverture attendue de son procès devant la Haute cour de Justice, l’ancienne ministre des Mines sous le régime de Macky Sall a vu ses dernières contraintes juridiques levées. Le dispositif de surveillance électronique qu’elle portait depuis plusieurs mois, lui a été retiré, lui rendant ainsi l’entière liberté de ses mouvements. L’information a été confirmée par l’un de ses conseils. Placée sous mandat de dépôt le 21 mai 2025 dans le cadre des enquêtes sur la gestion du Fonds Covid-19, l’ex-ministre avait bénéficié d’une liberté provisoire sous bracelet électronique en juillet 2025, avec une assignation à résidence restreinte aux régions de Dakar et de Thiès. Poursuivie pour détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux -portant sur un montant évalué à 73 millions de F lié à un projet non réalisé de centre gravimétrique à Kédougou-, Aïssatou Sophie Gladima n’a cessé de clamer son innocence devant la Commission d’instruction.

«La mainlevée s’imposait juridiquement»

A la sortie de l’audience, la réaction de la défense ne s’est pas fait attendre. Intervenant au nom du collectif d’avocats, Me Baboucar Cissé a exprimé une vive satisfaction face à cette mesure, rappelant le strict cadre légal qui imposait une telle décision. «Nous sommes très satisfaits de cette décision de la Haute cour. La loi est claire : le placement sous bracelet électronique ne peut excéder un an. Or, Sophie Gladima le portait depuis le 7 juillet 2025. Nous sommes aujourd’hui le 22 juillet 2026, la mainlevée s’imposait juridiquement et la Cour nous a suivis», a-t-il déclaré. Au-delà de la mainlevée du bracelet électronique, la Haute cour de Justice a acté le renvoi du dossier après la période des vacances judiciaires, prévues du 1ᵉʳ août au 31 octobre. Le procès ne reprendra donc pas avant le mois de novembre.

Ce report s’appuie sur un argument de procédure clé soulevé par la défense : le lien direct entre les poursuites visant l’ex-ministre et le sort des auteurs principaux de l’affaire, actuellement suspendu à une décision de la Chambre d’accusation. «Ma cliente étant poursuivie pour complicité, il s’agit d’une criminalité d’emprunt : son sort est donc lié à celui des auteurs principaux. Or, ces derniers ont bénéficié d’un non-lieu. Même si cette décision n’est pas encore définitive, son issue aura nécessairement une incidence sur la procédure concernant Sophie Gladima. Pour une bonne administration de la justice, le dossier devait être renvoyé après vacation», a précisé Me Baboucar Cissé.

L’ancienne ministre aborde ainsi cette pause judiciaire hors de toute contrainte physique, dans l’attente des évolutions sur le fond du dossier à la rentrée des Cours et tribunaux.