Face à l’étroitesse du marché de l’emploi salarié, le maire de Hann-Bel Air, Babacar Mbengue, exhorte la jeunesse à l’initiative privée. Lors du Forum de l’entrepreneuriat local organisé par l’association «Samm sunu momel» le week-end dernier, l’édile a plaidé pour une rupture avec l’attentisme, tout en mettant l’accent sur l’impératif de la formation avant tout investissement.

Par Amadou MBODJI – Pour Babacar Mbengue, maire de la commune de Hann-Bel Air, l’entrepreneuriat n’est plus une option, mais une alternative vitale. Partant du constat que l’Etat ne peut plus absorber l’ensemble des demandes d’emploi, il a profité de l’ouverture du Forum de l’entrepreneuriat local pour interpeller les jeunes sur leur responsabilité citoyenne et économique. «Nous sommes 18 millions de Sénégalais, et aujourd’hui, on ne compte pas plus de 500 000 salariés, tous secteurs confondus. C’est un déséquilibre majeur», a martelé l’édile au Cem de Hann Yarakh. Selon lui, la relance et le développement de l’économie nationale passent inévitablement par l’esprit d’entreprise.

S’adressant directement à la jeunesse, le maire a fustigé la passivité : «On ne peut pas rester dans sa commune les bras croisés en se plaignant que l’Etat ne recrute pas. Qu’avez-vous fait pour attirer l’attention ? Il faut être porteur de projet.» Babacar Mbengue a également souligné le paradoxe de sa localité : «Hann est la commune la plus industrialisée du pays, et pourtant, nous y subissons un taux de chômage injustifiable. Il faut que cela change par l’engagement personnel.»

La formation : le socle de la réussite

Placé sous le thème «Entre­preneuriat communautaire et solidarité économique : un levier pour le développement local», ce forum de 48 heures a mis l’accent sur l’accompagnement technique. Pour le maire, se lancer sans bagage est risqué. «Cela ne sert à rien de bénéficier d’un financement pour un projet auquel on n’est pas préparé. Sans formation, l’échec est quasi certain», a-t-il prévenu. L’objectif de ce week-end de réflexion était donc de créer des ponts directs entre les porteurs de projet, les entreprises et les partenaires financiers à travers des conventions et accords de formation, afin de passer enfin à une «phase active» et structurée.

De son côté, Saybata Mben­gue, président de «Samm sunu momel», a souligné que ce forum représentait une opportunité majeure pour renforcer la formalisation des activités au sein de la commune. Il rappelle que 60% des acteurs locaux évoluent déjà dans l’entrepreneuriat, souvent de manière informelle.

L’événement a été rythmé par des ateliers de renforcement de capacités et des espaces d’exposition, offrant une vitrine aux savoir-faire locaux et des outils concrets aux femmes et aux jeunes pour développer durablement leurs business.

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