Le Délégué général au pèlerinage, le Général Mamadou Gaye, a ouvert une série de concertations cruciales avec les acteurs du Hajj 2027. Face à un calendrier saoudien jugé «particulièrement contraignant» et aux critiques des voyagistes privés sur le monopole des vols, l’heure est à l’anticipation et à la réorganisation logistique.
Le Délégué général au pèlerinage aux Lieux saints de l’islam, le Général Mamadou Gaye, a appelé les acteurs du secteur à s’adapter rapidement aux mutations logistiques de ce cinquième pilier de l’islam, évoquant un calendrier «particulièrement contraignant» pour l’édition 2027. «La première thématique dont nous avons discuté portait sur la gestion des agréments et des quotas. Cette deuxième rencontre s’inscrit dans cette dynamique et concerne une question tout aussi importante, celle du transport aérien», a-t-il expliqué à l’ouverture des concertations avec les professionnels du secteur.
Ces échanges coïncident avec le lancement officiel des préparatifs du Hajj 2027, dans un contexte national et international marqué par la digitalisation des procédures et le resserrement des délais administratifs. Selon le Délégué général, cette initiative entre dans le cadre d’une série de consultations engagées avec l’ensemble des parties prenantes, afin d’identifier les principaux goulots d’étranglement de l’organisation et de proposer des pistes d’amélioration. «On ne peut pas concevoir le pèlerinage sans le transport aérien, qui occupe une place prépondérante dans sa réussite», a souligné le général Mamadou Gaye. Il a insisté sur la nécessité d’écouter les opérateurs pour recueillir leurs suggestions, diagnostiquer les failles et soumettre des recommandations concrètes aux hautes autorités de l’Etat.
Le Délégué général a également révélé que les autorités saoudiennes avaient déjà transmis au Sénégal le programme officiel du Hajj 2027. Les opérations ayant été officiellement lancées dès le 30 juin, le pays se voit contraint d’avancer l’ouverture des inscriptions et de revoir son calendrier logistique. «Il nous appartient d’alerter rapidement la communauté, de lancer les inscriptions et de mener une campagne de communication soutenue. Les Sénégalais doivent comprendre que les délais ont changé et qu’il faut désormais s’adapter à cette nouvelle réalité», a-t-il martelé.
Le cri du cœur des voyagistes privés
Porte-parole de circonstance des voyagistes privés, Hourèye Thiam Preira a plaidé pour une inclusion plus forte du secteur privé dans les négociations, estimant que l’expérience du terrain des opérateurs est indispensable pour prendre les meilleures décisions. Elle a notamment soulevé un point de friction majeur concernant le choix des transporteurs : «Le cahier des charges initial stipule que 50% des pèlerins doivent être convoyés par la compagnie désignée par l’Etat. Pourtant, depuis deux ans, on nous impose un quota de 100% en faveur de cette compagnie.» Une situation qui, selon elle, engendre de lourdes difficultés logistiques. La compagnie nationale, en partenariat avec le transporteur saoudien Flynas, peine à assurer la rotation de l’ensemble des pèlerins aux dates souhaitées, tout en ayant des difficultés à s’aligner sur les différents standards de vol attendus par les voyageurs.
