Réunis en Assemblée générale à la Bourse du travail de la Cnts à Dakar, les responsables du Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) ont adopté, ce vendredi 3 juillet 2026, une résolution majeure annonçant un mot d’ordre de grève générale de 24 heures sur l’ensemble du territoire national. Le mouvement est prévu pour le vendredi 10 juillet 2026 et intervient dans un contexte de tensions sociales marquées par des désaccords persistants avec le gouvernement sur plusieurs engagements sociaux.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Les secrétaires généraux des centrales syndicales et les délégués membres du Front Syn­dical pour la défense du travail (Fsdt) se sont réunis en Assem­blée générale afin d’évaluer la situation sociale, économique et syndicale du pays. A l’issue des travaux tenus à la Bourse du travail de la Cnts Ker Madia à Dakar, les participants ont dressé un constat préoccupant de l’état du dialogue social.

Selon la résolution adoptée, les organisations syndicales dénoncent le non-respect des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale et de Croissance inclusive (Pnss-Cid), ainsi qu’une dégradation progressive du climat social. Elles estiment que les autorités privilégient une logique de confrontation au détriment du dialogue et de la concertation.

Le Fsdt fustige également ce qu’il qualifie de violations répétées des libertés syndicales, d’intimidations et d’entraves à l’exercice de l’action syndicale. Le texte critique en outre les projets de réforme des codes du Travail et de la Sécurité sociale, jugés insuffisamment concertés et susceptibles de remettre en cause des acquis sociaux. Les syndicalistes condamnent par ailleurs les licenciements de 911 travailleurs des secteurs public et parapublic, qu’ils considèrent comme abusifs et socialement destructeurs. Ils appellent à leur réintégration immédiate et dénoncent une fragilisation des droits fondamentaux au travail.

Dans sa résolution, l’Assem­blée générale rappelle que le dialogue social ne peut être réduit à une formalité et insiste sur la nécessité du respect des engagements pris entre l’Etat et les partenaires sociaux. Le Fsdt affirme refuser que les travailleurs servent de variables d’ajustement dans les politiques économiques et budgétaires. Un mot d’ordre de grève générale de 24 heures, le vendredi 10 juillet 2026, de 00h à 23h, sur toute l’étendue du territoire national et dans tous les secteurs d’activité, a été lancé. Les revendications portent notamment sur la réintégration des travailleurs licenciés, la généralisation de l’indemnité de logement à plusieurs catégories d’agents, le respect des libertés syndicales, la sauvegarde des emplois, la consolidation des acquis sociaux et la mise en place d’un dialogue social sincère et respectueux.

Le Fsdt se dit toutefois ouvert au dialogue, tout en avertissant qu’il poursuivra la mobilisation tant que les droits des travailleurs ne seront pas garantis.

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