Vers une paralysie des campus sénégalais ? A l’appel de leur Fédération nationale, les personnels administratifs, techniques et de services (Pats) des universités publiques ont observé un débrayage synchronisé de 24 heures ce vendredi 3 juillet 2026. Réunie en Assemblée générale à l’Université Amadou Mahtar Mbow (Uam), la section locale du Satuc a bandé les muscles pour exiger l’application immédiate de l’indemnité de logement, menaçant de durcir le ton face au mutisme des autorités.
La tension monte d’un cran dans l’enseignement supérieur public sénégalais. Ce vendredi 3 juillet 2026, l’Université Amadou Mahtar Mbow (Uam) a abrité une Assemblée générale électrique, suivie d’un point de presse. A l’appel de la Fédération nationale des syndicats des personnels administratifs, techniques et de services (Pats), la section locale du Satuc a massivement mobilisé ses troupes pour exiger des «mesures concrètes et immédiates».
Ce mouvement d’humeur à l’Uam n’est que la face visible d’une colère plus globale. Partout dans le pays, les universités et les Centres des œuvres universitaires (Crous) ont observé un débrayage synchronisé de 24 heures. Le mot d’ordre est unique, clair et non négociable : la généralisation de l’indemnité de logement à l’ensemble des Pats.
Pour les leaders syndicaux, la coupe est pleine. Malgré des mois de concertations, les promesses étatiques tardent à se matérialiser, une situation qualifiée de «dilatoire injustifiable». Devant une assemblée unie, Abdoul Baldé, membre de la fédération, a salué le caractère historique de cette mobilisation intersyndicale. «Tous les syndicats du milieu universitaire ont décidé de faire bloc. Le combat ne fait que commencer», a-t-il averti, rappelant que l’unité retrouvée des travailleurs sera le principal bélier pour enfoncer les portes du ministère.
Le rapport de Saly prend la poussière
Au cœur du conflit, se trouve le décret de janvier 2026, censé octroyer une indemnité de logement à tous les agents de l’Etat. Six mois plus tard, les Pats se considèrent toujours comme les grands oubliés de cette réforme. Pourtant, les devoirs ont été faits, selon M. Baldé. «Du 6 au 8 avril dernier, un atelier technique à Saly avait minutieusement chiffré et balisé le cadre juridique de cette mesure», rappelle-t-il. Depuis lors, le rapport dort sur la table du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Pour le syndicat, les récents remaniements ou changements institutionnels ne peuvent servir d’excuse. «L’Etat est une continuité», a martelé Abdoul Baldé, réclamant un calendrier d’exécution précis.
