Par Daligué FAYE – Le manque de coordination dans la formation en éducation financière est l’un des freins à l’inclusion financière au Sénégal. C’est l’avis du Directeur régional de People power inclusion (Ppi) Afrique de l’Ouest et centrale. Selon Bara Ndaw, les structures n’accordent pas leurs violons. «Chacune travaille de son côté. On fait la même chose, et après, l’application pose problème. Les gens ne sont pas accompagnés à la fin des formations pour mettre en pratique les acquis, et c’est vraiment dommage. Des projets sont déroulés pendant des années, sans aucune évaluation des effets ou des impacts, faute de moyens. C’est un défi auquel les Ong sont confrontées aujourd’hui», déplore le Directeur région Afoc de Ppi.
M. Ndaw intervenait en marge de l’atelier de clôture et de capitalisation du projet Finance 4 All au Sénégal, après deux ans de mise en œuvre dans les régions de Thiès et Dakar. A travers ce projet, les initiateurs voulaient «renforcer l’inclusion financière en développant des solutions adaptées aux réalités des bénéficiaires, en mettant l’accent sur l’éducation financière et la protection des consommateurs». Ils soulignent que «l’inclusion financière numérique constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités économiques, favoriser l’autonomisation des populations vulnérables et renforcer leur participation à la vie économique.
Toutefois, malgré les avancées enregistrées dans les pays d’Afrique subsaharienne, de nombreux défis subsistent en matière d’accès à l’information financière, de compréhension des services financiers numériques, de protection des consommateurs et d’accompagnement des populations les plus éloignées des systèmes financiers formels. C’est pour répondre à ces enjeux que le projet Finance 4 All a été initié».
Au-delà du Sénégal, Finance 4 All est mis en œuvre au Sénégal et au Cameroun par Ppi et Simplon Africa, avec le soutien d’Expertise France et le financement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Meae) de France, renseigne Awa Konaté, responsable du projet au Sénégal. «Le projet avait pour objectif de former 265 personnes au Sénégal et au Cameroun, donc 50% dans chaque pays. Pour le process, c’était déjà de pouvoir identifier des organisations de la Société civile (Osc) au niveau de ces deux pays. Au Sénégal, on devait travailler dans deux régions, à Dakar et à Thiès. Dans chaque région, on devait identifier des Osc avec qui collaborer.
Pour faciliter le déploiement, il fallait que chaque Osc puisse identifier une personne d’un profil de référent numérique qui est formée et qui démultiplie au sein de l’Osc. C’était ça le process qu’on avait adopté. Il y avait plusieurs programmes de formation», explique Mme Konaté. Les résultats ont été ainsi jugés satisfaisants. Les taux de réalisation varient, d’après Mme Konaté, «entre 100 et 117%».
Une plateforme a été aussi mise en place pour permettre aux membres des Osc de comparer les services financiers. Pour sa pérennisation, Bara Ndaw invite l’Etat, via l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf), à reprendre cette plateforme. En mettant en lumière ces résultats obtenus, Ppi et ses partenaires voulaient valoriser les innovations développées et renforcer l’appropriation des enseignements du projet par les institutions publiques, les acteurs financiers, les Osc et les partenaires techniques et financiers.
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