Le spectre d’une paralysie durable des transports routiers s’éloigne enfin du ciel sénégalais. Suite à une médiation directe du Président Bassirou Diomaye Faye, la Fédération des syndicats des transports routiers (Fstrs) a acté, ce vendredi, la suspension de son mouvement de grève entamé le 30 mars. Entre levée des restrictions nocturnes et promesses de réformes sociales, cet accord de sortie de crise redonne le sourire aux usagers et rétablit la fluidité sur les grands axes du pays.
Par Justin GOMIS – Après plus d’une semaine de paralysie et d’incertitudes pour des milliers de Sénégalais, les routes vont enfin retrouver leur effervescence habituelle. La Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal (Fstrs) a annoncé, ce vendredi, la levée de son mot d’ordre de grève, suite à des avancées majeures obtenues directement sous l’impulsion du chef de l’Etat. Une décision qui met un terme au calvaire des populations, privées de mobilité depuis le 30 mars dernier.
Le déblocage de la situation s’est joué au sommet de l’Etat. Selon Fallou Samb, Secrétaire général de la Fstrs, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, tard dans la soirée de jeudi, le président de la fédération, Alassane Ndoye. Cette audience décisive a ouvert la voie à une rencontre de travail, tenue ce vendredi, entre les représentants syndicaux et les ministres de l’Intérieur et des Transports terrestres. A l’issue de ces échanges, les transporteurs ont jugé les garanties suffisantes pour reprendre le volant. «Nous avons obtenu des acquis immédiats. C’est ce qui a motivé la levée du mot d’ordre», a précisé M. Samb.
Le retour des voyages nocturnes : une victoire pour les usagers
Parmi les mesures phares qui vont directement impacter le quotidien des Sénégalais, figure la levée immédiate de l’interdiction de circuler la nuit entre les villes et les villages. Ce point, qui constituait le principal blocage des négociations, a été arbitré positivement par le ministre de l’Intérieur sur instruction directe du président de la République. Outre le retour des trajets nocturnes, les syndicats ont obtenu la réduction des contrôles intempestifs sur les différents corridors routiers, l’engagement pour la mise en place d’un régime social dédié aux acteurs du secteur des transports.
Des négociations qui se poursuivent
Si les transporteurs reprennent du service, le dialogue n’est pas pour autant clos. Sur les dix points de revendication initiaux, quatre ont été réglés dans l’urgence. «Il reste six points à satisfaire. Ces derniers ont été versés au dossier d’une commission ad hoc au sein de laquelle les négociations vont se poursuivre», a expliqué le Secrétaire général de la fédération. Pour les populations, l’essentiel est ailleurs : la fin de ce bras de fer marque le retour à la normale pour le commerce, les retrouvailles familiales et l’économie nationale, lourdement impactés par dix jours de grève.
Fin du calvaire !
Si l’accord trouvé entre le gouvernement et la Fstrs est une victoire syndicale, il est avant tout une délivrance pour les populations. Pendant dix jours, le quotidien des Sénégalais a été rythmé par la débrouille et les privations.
Le calvaire des voyageurs : dans les gares routières, comme «Beaux maraîchers» et Colobane, des centaines de passagers sont restés bloqués, parfois avec des enfants en bas âge, faute de bus ou de «sept-places» pour rallier l’intérieur du pays. L’envolée des prix : la rareté des transports a entraîné une spéculation sauvage. Certains usagers ont rapporté avoir payé le double, voire le triple du tarif habituel pour des trajets de fortune sur des motos-taxis ou véhicules clandestins.
L’économie au ralenti : l’impact s’est fait sentir jusque dans les marchés. L’approvisionnement en produits périssables (fruits, légumes, poisson) venant des régions a été fortement perturbé, provoquant une hausse des prix sur les étals de la capitale. Isolement rural : l’interdiction de circuler la nuit, désormais levée, avait transformé certains villages reculés en zones enclavées, compliquant notamment les évacuations sanitaires d’urgence après le coucher du soleil.
Le retour des camions et des bus sur les routes nationales n’est pas seulement une reprise technique, c’est le redémarrage d’un poumon vital pour la cohésion sociale et économique du pays.
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