Alors que le ministère de l’Enseignement supérieur a ordonné la fermeture immédiate des restaurants universitaires à Dakar (Coud) et à Saint-Louis (Crous) ce vendredi 6 février 2026, la tension est montée d’un cran. Entre Journées sans tickets, accusations de sabotage et violences signalées sur le campus de l’Ucad, le dialogue semble rompu entre les autorités et les amicales d’étudiants.
Par Justin GOMIS – C’est une mesure radicale face aux Journées sans tickets. La décision est tombée comme un couperet. Par voie de communiqués officiels, les directions du Coud (Dakar) et du Crous (Saint-Louis) ont annoncé la fermeture de leurs services de restauration. Le motif invoqué est identique dans les deux institutions : la pratique des Journées sans tickets (Jst), initiée par les étudiants pour protester contre leurs conditions de vie, notamment la refonte du système des bourses.
Pour l’administration, ces Jst sont qualifiées d’actes de «sabotage» et de «forfaiture». Le Dr Ndéné Mbodji, directeur du Coud, souligne que d’importants investissements financiers et matériels sont mis en péril par ces agissements qui «dégradent les infrastructures et impactent gravement les ressources». A Saint-Louis, le Crous a emboîté le pas après le mot d’ordre de 48 heures renouvelables décrété par la Cesl, fermant les restaurants dès ce vendredi soir après le dîner.
L’Ucad sous haute tension : entre examens et affrontements
Sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), la situation est particulièrement explosive. Le Collectif des amicales de l’Ucad a réagi avec véhémence, dénonçant une décision «insoutenable» alors que les étudiants sont en pleine période d’examens. «L’intimidation ne passera pas», a martelé le collectif, qui accuse le ministre de tutelle de fuir ses responsabilités.
En guise de riposte, les représentants étudiants ont décrété une cessation des activités administratives du Coud et menacent de passer à la «vitesse supérieure» si les services de restauration ne sont pas rétablis immédiatement. Cette escalade verbale s’est accompagnée, selon plusieurs sources, de scènes de violences sur le campus, exacerbant le sentiment d’insécurité et de précarité chez les étudiants privés de leur principal moyen de subsistance.
Une médiation est-elle encore possible ?
Malgré la fermeté des autorités, qui affirment agir sur instruction directe du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, une porte semble rester entrouverte à Saint-Louis. Le Crous a réaffirmé sa disponibilité pour un «dialogue social constructif». Cependant, sur le terrain, l’urgence est alimentaire et académique. Sans accès aux restaurants, des milliers d’étudiants se retrouvent dans une situation critique, laissant craindre que les échauffourées de ce vendredi ne soient que le prélude à une crise universitaire plus profonde.
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