A l’occasion de la Semaine mondiale d’action climatique, l’Ong ActionAid Sénégal a orchestré le reboisement de 5 hectares de mangrove dans la commune insulaire de Djirnda. Entre plaidoyer agroécologique, détresse des communautés locales et appel du maire pour un «plan spécial îles du Saloum», cette initiative remet en lumière l’urgence environnementale dans le delta.
Par Ndeye NDIAYE – ActionAid Sénégal a organisé, ce jeudi 17 septembre, une journée de restauration de la mangrove à Djirnda Ndindé, au cœur de la commune de Djirnda. Menée dans le cadre de la campagne internationale «Fund our Future» («Financer notre avenir»), cette action a permis le reboisement de 5 hectares de mangrove afin de renforcer la résilience des populations locales face au dérèglement climatique. «Nous avons procédé au reboisement d’un espace de 5 hectares en présence des autorités locales et administratives», a déclaré Rodolpho Aguemo, chargé de la communication et des campagnes chez ActionAid Sénégal.
Selon lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre de la Semaine mondiale d’action climatique : «Nous portons le plaidoyer pour des investissements accrus dans les solutions agroécologiques, qui sont moins polluantes et favorisent la préservation de notre environnement.» Déroulée sur deux jours, la mobilisation a rassemblé de nombreux jeunes venus des régions de Kédougou, Tambacounda et Fatick. En amont du reboisement, la journée du 15 septembre a été consacrée à des consultations communautaires, ainsi qu’à la visite d’un site maraîcher, illustrant la viabilité des pratiques agroécologiques en milieu insulaire. «Nous avons échangé avec les habitants sur leurs aspirations en matière de climat et sur les moyens de mieux les accompagner à l’avenir», a précisé M. Aguemo.
Cri du cœur des femmes : la pêche et les moyens de subsistance menacés
Présente lors de la rencontre, la représentante des femmes de Dugandoul a livré un témoignage poignant sur l’impact direct du réchauffement climatique sur le quotidien des insulaires. «Nous ressentons de plein fouet les effets du changement climatique. La pêche est notre principale activité, mais nous constatons la rareté croissante de certaines espèces. La mangrove disparaît progressivement sous le coup de la salinité des terres. Or, les poissons que nous pêchons dépendent étroitement de cet écosystème. D’où l’urgence absolue de replanter la mangrove et, surtout, de mieux la protéger», a-t-elle alerté.
Le maire de Djirnda réclame un «plan spécial» et anticipe la Cop31
Pour le maire de la commune de Djirnda, Badara Diom, la régénération de la mangrove demeure un enjeu vital face à l’avancée de l’érosion côtière dans le Saloum. «La mangrove joue un rôle protecteur fondamental : elle sert d’abri et de zone de reproduction pour la faune marine et aviaire, tout en contribuant à la séquestration du carbone», a rappelé l’édile.
Projetant son regard vers la tenue prochaine de la Cop31, le maire a exhorté l’Etat du Sénégal et ses partenaires à accorder une attention prioritaire au littoral et aux îles du Saloum. Il plaide notamment pour des politiques d4adaptation durables, incluant des infrastructures résilientes comme des digues de protection conçues pour durer plusieurs décennies, ainsi que l’utilisation de matériaux de construction adaptés aux contraintes insulaires. «Nous attendons de l’Etat qu’il élabore un plan spécial dédié aux îles du Saloum. En vue de la Cop31, il est impératif d’intégrer un plan de développement global prenant en charge l’ensemble de nos préoccupations», a insisté Badara Diom.
Enfin, le premier magistrat de la commune a souligné la nécessité d’infrastructures de désenclavement, préconisant la construction de ponts inter-îles et la mise en place d’un système de transport maritime adapté aux réalités géographiques de la zone.
Correspondante
