Dans la localité de Kaidara, dans la région de Fatick, la Fao Sénégal poursuit son accompagnement des communautés rurales à travers le projet Riposte, financé par l’Union européenne. L’initiative vise à promouvoir l’agroécologie, l’agriculture climato-intelligente et la valorisation des produits locaux au profit des femmes et des jeunes.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Dans le cadre du projet Riposte, la Fao Sénégal a organisé une série de formations au profit de femmes issues de plusieurs localités, notamment de la zone agro-sylvo-pastorale. L’objectif est de renforcer leurs connaissances sur les pratiques agroécologiques afin qu’elles puissent les reproduire dans leurs terroirs et partager les acquis avec d’autres femmes. Selon Bintia Stephen Tchicaya, Coordonnatrice régionale de la Fao, cette démarche répond à une volonté de faire des bénéficiaires de véritables actrices de diffusion des bonnes pratiques agricoles. «Nous avons fait venir les femmes de plusieurs localités, surtout de la zone agro-sylvo-pastorale, pour apprendre les pratiques agroécologiques. Nous espérons qu’au retour chez elles, elles pourront également former d’autres femmes et reproduire ce qu’elles ont vu ici», a-t-elle expliqué.
Elle souligne que ces formations portent également sur l’agriculture climato-intelligente, qui permet d’améliorer les rendements tout en préservant les ressources naturelles. «L’idée est de leur permettre d’avoir des produits bio, d’obtenir de meilleurs rendements sans engrais chimiques et de donner davantage de valeur à leurs productions», a-t-elle ajouté. La responsable régionale de la Fao a par ailleurs insisté sur la nécessité d’un accompagnement après la formation. Elle a annoncé que l’organisation prévoit de poursuivre son appui aux groupements à travers la mise à disposition d’équipements, l’accès à l’eau, la sécurisation des parcelles et le renforcement des capacités dans la transformation des produits forestiers non ligneux.
De son côté, le Colonel Ibra Soukarou Ndiaye, coordonnateur du projet Riposte de la Fao Sénégal, a rappelé que l’organisation a engagé un partenariat avec les acteurs locaux de Kaidara afin de renforcer les capacités des jeunes et des femmes dans le domaine de l’agroécologie. Il a indiqué qu’une première cohorte de dix jeunes a bénéficié d’une formation de six mois avant d’être accompagnée dans son installation, notamment à travers la sécurisation du foncier, l’accès à l’eau, la fourniture d’équipements et d’intrants agricoles. «La sélection a été menée de manière rigoureuse avec les collectivités territoriales, les autorités administratives et les familles, notamment pour faciliter l’accès à la terre, une problématique majeure dans le bassin arachidier et la zone agro-sylvo-pastorale», a-t-il précisé.
Le coordonnateur du projet a également rappelé que Riposte s’inscrit dans la dynamique de la Grande muraille verte en contribuant à la restauration des terres dégradées, à la lutte contre la désertification et au renforcement de la résilience des communautés face aux changements climatiques. Au total, le projet a déjà permis de former une dizaine de jeunes et une vingtaine de femmes issues de la zone agro-sylvo-pastorale. Ces dernières bénéficient d’un accompagnement grâce notamment à l’appui de la Coopération irlandaise, en complément du financement de l’Union européenne.
Le Colonel Ibra Soukarou Ndiaye a également mis en avant le potentiel économique des produits forestiers non ligneux valorisés par les femmes rurales, notamment l’huile de balanites, la gomme arabique et d’autres produits issus des terroirs locaux. Selon lui, ces ressources constituent de véritables opportunités d’autonomisation économique pour les femmes tout en contribuant à la préservation des écosystèmes.
A travers le projet Riposte, la Fao ambitionne ainsi de renforcer les capacités des communautés rurales afin de promouvoir une agriculture durable, résiliente et créatrice de revenus.
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