Plus de 30 femmes transformatrices venues de Dakar, Thiès et Kaolack participent à un atelier de trois jours dédié à l’amélioration de la qualité sanitaire des produits alimentaires. Cette initiative, soutenue par le Luxembourg et la Fao, vise à transformer les normes d’hygiène en leviers de compétitivité économique.

Par Justin GOMIS – Le combat pour la santé publique passe par l’assiette. Depuis ce matin, une trentaine de femmes issues de trois régions-pilotes (Dakar, Thiès et Kaolack) bénéficient d’une session de formation intensive sur la sécurité sanitaire des aliments. Financé par le Luxembourg et mis en œuvre par la Fao, cet atelier s’inscrit dans le projet inter-Etats de «Renforcement de la capacité de réponse aux urgences de sécurité sanitaire et amélioration de la qualité de l’alimentation de rue au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal». L’objectif est clair : outiller les femmes sur les Bonnes pratiques d’hygiène (Bph) et de fabrication (Bpf).

Pour le Dr Amadou Diop, président du Comité national du Codex Alimentarius, la sécurité sanitaire n’est pas qu’une question de santé, c’est un impératif économique. «Si vous produisez des aliments de qualité médiocre, vous aurez des difficultés à les vendre. Au niveau national, cela entraîne une baisse de productivité ; au niveau international, les marchés se ferment. Un système de contrôle efficace est donc vital pour la compétitivité de nos entreprises», a-t-il souligné. L’enjeu est de sensibiliser ces actrices aux dangers alimentaires qui pèsent sur la santé des populations, mais aussi sur la survie de leurs propres activités.

De la contrainte à l’opportunité commerciale

Abondant dans le même sens, le Dr Mamadou Ndiaye, représentant de la Fao, a rappelé les conséquences dramatiques d’une mauvaise gestion sanitaire : dévaluation des produits, perte de revenus à l’exportation et rupture de confiance avec les consommateurs. Pour inverser la tendance, la formation mise sur des outils techniques pointus. Les participantes se familiarisent notamment avec les concepts fondamentaux de la qualité alimentaire, les principes du système Haccp (analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise). «La sécurité sanitaire n’est pas une contrainte, mais une opportunité», affirme le Dr Ndiaye. «C’est l’occasion de protéger le consommateur tout en faisant rayonner le savoir-faire agricole sénégalais sur des marchés plus exigeants.»

Au vu de la forte mobilisation, l’espoir est permis de voir ces femmes devenir de véritables ambassadrices de la sécurité alimentaire, capables de transformer durablement le secteur de l’alimentation de rue au Sénégal.