Offerts il y a deux ans par une fondation marocaine, cinq générateurs d’hémodialyse dorment toujours dans les cartons de l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh. Face à l’expiration d’une partie des consommables et à la détresse des insuffisants rénaux contraints à l’exode ou condamnés à mort, Abdou Aziz Diop, militant de la Société civile, lance un «Sos» retentissant aux autorités pour débloquer la situation.

Par Cheikh CAMARA – Deux ans d’attente et des consommables périmés ? A Tivaouane, l’incompréhension et la colère grandissent face au retard prolongé de la mise en service d’équipements d’hémodialyse. Ce matériel de pointe avait pourtant été offert gracieusement à la famille de El Hadji Malick Sy par une fondation marocaine, avant d’être cédé à l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh pour soulager les populations.

Aujourd’hui, le constat est alarmant. Abdou Aziz Diop, petit-fils du vénéré Mame Maodo et figure de la Société civile, tire la sonnette d’alarme à travers un appel pressant intitulé «Sos département de Tivaouane». Il y invite les autorités compétentes à accélérer d’urgence les procédures d’installation. «Plus de deux ans après cette importante donation, les équipements ne sont toujours pas opérationnels, alors que le département de Tivaouane ne dispose actuellement d’aucune unité d’hémodialyse fonctionnelle», déplore-t-il.

Le don en question est pourtant conséquent : 5 générateurs de dialyse, 1 unité de traitement d’eau (indispensable au fonctionnement du service), un stock majeur de consommables médicaux. Malheureusement, le temps joue contre les malades. Le guide religieux fait observer que, faute d’utilisation, une partie de ces consommables précieux a déjà atteint sa date de péremption.

Des listes d’attente interminables et des décès évitables

Pendant que le matériel prend la poussière, la réalité du terrain est tragique. Des centaines de patients s’entassent sur les listes d’attente pour espérer accéder à ce soin vital. Pour beaucoup, l’attente est synonyme de condamnation. Abdou Aziz Diop rappelle ainsi le lourd tribut payé par les populations : de nombreux décès sont enregistrés, directement liés aux difficultés d’accès aux soins spécialisés et aux coûts financiers exorbitants que subissent les familles obligées de se déplacer vers d’autres régions.

Le leader associatif reconnaît néanmoins la bonne volonté locale : «Malgré les efforts consentis par les autorités hospitalières, aucune prise en charge par hémodialyse n’est encore disponible dans le département.» La direction de l’hôpital a pourtant tenté de faire bouger les lignes en réaménageant l’ancien dépôt de la pharmacie pour y accueillir la future unité. Malheu­reu­sement, le projet bute sur la dernière ligne droite. Le site n’est toujours pas fonctionnel en raison d’un manque d’équipements complémentaires et de la nécessité d’aménagements techniques lourds, indispensables pour répondre aux normes strictes de sécurité médicale requises pour un service d’hémodialyse. L’appel est désormais lancé au ministère de la Santé pour doter l’établissement des ressources manquantes et abréger le calvaire des malades.

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