Le Sénégal accélère l’élaboration de sa Stratégie nationale sur les minéraux critiques. A Dakar, le ministère des Mines et de la géologie, avec l’appui du Forum intergouvernemental sur les mines (Igf), a réuni les principaux acteurs du secteur afin de définir les ressources jugées stratégiques pour soutenir l’industrialisation, la souveraineté économique et la transition énergétique.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le Sénégal veut mieux maîtriser son potentiel minier afin d’en faire un moteur de développement durable. C’est dans cette dynamique que le ministère des Mines et de la géologie a lancé les travaux d’élaboration de la Stratégie nationale sur les minéraux critiques, un document appelé à orienter les choix du pays dans un contexte international marqué par une forte concurrence autour des ressources indispensables aux nouvelles technologies et à la transition énergétique.
Ouvrant l’atelier au nom du ministre des Mines et de la géologie, Mamané Djitté, directeur de Cabinet, a souligné que cette stratégie traduit la volonté de l’Etat d’anticiper les mutations profondes du secteur minier mondial. Selon lui, le Sénégal doit se doter d’une vision claire lui permettant d’identifier les minerais essentiels à son développement, de mieux attirer les investissements et de créer davantage de valeur ajoutée grâce à la transformation locale des ressources.
Il a insisté sur la nécessité de bâtir une gouvernance minière moderne, fondée sur la transparence, l’innovation, la recherche géologique et le développement des compétences nationales. Pour le représentant du ministre, cette stratégie devra également favoriser une exploitation responsable des ressources, conciliant les impératifs économiques, la préservation de l’environnement et les intérêts des communautés, afin que les richesses minières contribuent pleinement à la croissance et à la souveraineté économique du Sénégal.
Directrice générale du Service géologique national du Sénégal, Dr Rokhaya Samba Diène a rappelé que son institution a été désignée point focal pour conduire ce processus avec l’appui de l’Igf. Elle a expliqué que la première étape consiste à définir ce qu’est un minéral critique pour le Sénégal, une notion qui varie selon les réalités et les priorités de chaque pays. «Le phosphate constitue, par exemple, un minéral stratégique pour le Sénégal en raison de son importance dans l’objectif d’autosuffisance alimentaire. Chaque pays établit sa propre définition de la criticité selon ses besoins», a-t-il indiqué.
Dr Rokhaya Samba Diène a précisé que les travaux portent désormais sur l’élaboration d’une feuille de route qui aboutira à une stratégie nationale. Les expériences de plusieurs pays, notamment le Chili, le Brésil, le Niger, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo, serviront de référence. Il a également annoncé une étude de Petrosen sur les minéraux nécessaires à la transition énergétique, tout en soulignant que la priorité reste la production de données géologiques fiables pour identifier les ressources et évaluer les réserves du pays.
Le Point focal de l’Igf au Sénégal a indiqué que cette stratégie sera élaborée selon une approche inclusive associant l’administration, les sociétés minières, les universitaires, les chercheurs et la Société civile. Elle a souligné que l’objectif est de permettre au Sénégal de définir ses propres minéraux critiques, en fonction de ses priorités de développement, afin de renforcer la gouvernance du secteur et de mieux valoriser ses ressources au profit de l’économie nationale.A travers cette démarche, le Sénégal ambitionne de transformer son potentiel géologique en un véritable levier d’industrialisation, de création de richesse et de transition énergétique, tout en assurant une gestion durable de ses ressources minières.
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