Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation franchit une nouvelle étape dans l’assainissement du secteur privé. Après un avertissement sur la délivrance illégale de doctorats, la Dges a publié hier sa première liste noire de 34 Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes) non reconnus. Ciblant particulièrement l’Iseg et ses 23 antennes, ainsi que des instituts délivrant de faux diplômes de troisième cycle, le ministère appelle les parents et les étudiants à la plus grande vigilance.

La riposte du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) face au désordre dans l’enseignement supérieur privé franchit un nouveau cap. Après un premier avertissement sévère lancé le 22 septembre dernier concernant la délivrance illégale de diplômes de doctorat, la Direction générale de l’enseignement supérieur (Dges) a rendu publique, ce vendredi 1er octobre 2026, sa toute première «Liste noire» des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes) non reconnus.

Signé par le Directeur général de l’enseignement supérieur, le professeur Mamadou Sidibé, ce document officiel répertorie 34 établissements ou antennes régionales opérant de manière illégale sur le territoire national, sans les autorisations réglementaires requises.

L’Iseg au cœur de la tempête

Cette offensive du ministère met en lumière un maillage inquiétant d’établissements hors la loi. L’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg) est le plus lourdement touché par cette mesure. A lui seul, l’établissement compte plus d’une vingtaine d’antennes régionales et locales non reconnues. Les sites concernés couvrent une grande partie du pays, notamment Dakar et sa banlieue : Pikine, Keur Massar, Guédiawaye, Parcelles Assainies, Bambilor, Rufisque. Et aussi dans les régions avec ses antennes à Ziguinchor, Thiès, Tamba-counda, Sédhiou, Saint-Louis, Podor, Mbour, Mbacké, Louga, Kolda, Kédougou, Kaolack, Kaffrine, Fatick, Diourbel, Mboro, Joal, Tivaouane et Ourossogui.

D’autres instituts proposant des cursus allant de la Licence au Master figurent également sur ce registre noir : à Ziguinchor, il y a Smi (Sup-management intelligentsia) et Zip (Ziguinchor institut polytechnique). Il faut citer aussi l’Ecole supérieure d’administration et de gestion de Saint-Louis, l’Institut de management d’Afrique subsaharienne, l’Ecole supérieure de logistique et transports et l’Institut privé africain des métiers du pétrole logés à Dakar. A Mbour, l’Institut moderne fait partie de la liste noire publiée par le Mesri hier.

Cible sur les faux doctorats : la confirmation d’une mise en garde

Cette publication intervient quelques jours seulement après le communiqué officiel du 22 septembre 2026 émanant de la Dges. Le ministère y rappelait avec fermeté que plusieurs Epes délivraient des doctorats (PhD, doctorat unique, Dba, doctorat d’ingénieur) sans aucune autorisation ministérielle. Ces titres, ne respectant pas les dispositions d’ordre public (notamment la loi n°94-82 et les décrets d’application subséquents), n’ont aucune valeur légale, ni au Sénégal ni à l’international.

La nouvelle liste noire confirme la rigueur affichée par l’Etat sur le troisième cycle en ciblant directement deux entités dakaroises proposant ces formations doctorales non homologuées : le Ceds (Centre d’études diplomatiques et stratégiques) et le Cis-paix Upeace (Centre africain d’intelligence stratégique).