A la suite des «contacts» pris par la présidence de la République avec plusieurs de ses membres en vue de la formation du prochain attelage gouvernemental, le Comité exécutif (Comex) de Pastef est sorti du silence ce mardi 26 mai 2026. Tout en réitérant sa disponibilité à accompagner le chef de l’Etat dans une «collaboration franche et responsable», le parti majoritaire fixe des lignes rouges programmatiques non négociables et avertit fermement ses militants contre toute démarche individuelle.
Le jeu politique sénégalais s’accélère et les grandes manœuvres autour de la composition du futur gouvernement prennent une tournure officielle. Par le biais d’un communiqué officiel publié ce mardi (N° 002-2026/Comex/Pastef), le Comité exécutif de Pastef-Les Patriotes a révélé que plusieurs de ses cadres ont été directement approchés par les services de la présidence de la République. Une invitation aux consultations que le parti majoritaire a décidé de cadrer immédiatement et publiquement pour éviter toute dispersion.
Une main tendue sous strictes conditions
Le ton du communiqué se veut à la fois institutionnel et intransigeant. Le parti affirme d’emblée sa volonté de participer à l’effort national, réitérant sa «disponibilité à accompagner le président de la République». Toutefois, cette alliance attendue dans l’exécution des politiques publiques ne se fera pas à n’importe quel prix. Le Comex insiste sur le fait que cette collaboration doit impérativement s’aligner sur des orientations programmatiques claires et structurantes.
Pour le parti majoritaire, sept exigences majeures devront guider l’ensemble des discussions : un engagement absolu à respecter la ligne politique et les promesses qui ont conduit à leur élection en 2024, une clarification nette des perspectives de gestion de la dette souveraine du pays, le blocage immédiat des mesures de hausse du coût de la vie pour soulager les ménages, la poursuite active des renégociations des contrats stratégiques de l’Etat, une lutte acharnée contre la corruption et le renforcement du contrôle des fonds jugés opaques, une gestion rigoureuse et transparente des affaires judiciaires en cours et une discussion de fond sur la structure même et la répartition des futurs portefeuilles ministériels.
Au-delà des aspects purement programmatiques, Pastef pose un verrou organisationnel de taille. Face aux tentatives de la Présidence de démarcher individuellement des profils au sein de sa base, l’instance dirigeante rappelle fermement ses troupes à l’ordre. Le communiqué précise avec force que les discussions politiques doivent se tenir exclusivement avec le cadre institutionnel habilité du parti, et non de manière isolée avec des militants.
L’avertissement final est sans équivoque : «Par conséquent, tout militant du parti qui s’y rendra aura agi à titre personnel.» Cette mise au point vise manifestement à maintenir l’unité et la cohésion du bloc majoritaire au moment de négocier les postes-clés de l’appareil d’Etat. En fixant ainsi ses propres règles du jeu, Patsef montre qu’il entend peser de tout son poids institutionnel sur les futures orientations du pouvoir exécutif, transformant ces consultations en un véritable test de force et de fidélité politiques.
