Le Proviseur du lycée de Kounkané, dans département de Vélingara (Kolda), souhaite que les postes de surveillants ne soient plus occupés uniquement par des instituteurs. Il propose «l’externalisation contractualisée de la fonction» à partir d’un appel à candidatures au niveau académique. Mbaye Mbow propose un profil d’au minimum Bac+2 avec maîtrise de l’outil informatique.

Par Abdoulaye KAMARA – Les surveillants affectés dans les établissements moyens et secondaires du Sénégal sont issus du corps des instituteurs, exclusivement. Ils occupent le poste, généralement, sur la base de critères non académiques. «Leur affectation repose souvent sur des critères de santé (déclinante), de considérations psycho-socio-péda­go­giques ou de convenances personnelles.», a constaté Mbaye Mbow, Proviseur du lycée de Kounkané, une ville du département de Vélingara, dans la région de Kolda. Aussi se désole-t-il : «Dans beaucoup d’établissements, la surveillance reste le talon d’Achille de l’administration scolaire. Deux problèmes majeurs se posent : la qualité de la ressource humaine affectée et son opérationnalisation sur le terrain.» Dans un document remis au Journal Le Quotidien, M. Mbow, après plusieurs années de gestion administrative des surveillants, a tranché : «La surveillance n’est pas une fonction de repli. C’est un intrant essentiel à la gestion de la discipline, à la tenue des examens, à la gestion administrative et à la qualité globale du service public de l’éducation.»

Pour un bon fonctionnement des collèges et lycées, Mbaye Mbow suggère d’adapter le profil et le mode de recrutement aux urgences de l’heure. Il affirme : «A l’heure du numérique, de l’informatique, de l’In­telligence artificielle, il est urgent de revoir le profil d’entrée et la capacitation des surveillants.» Il poursuit : «Un surveillant au moyen-secondaire doit maîtriser l’outil informatique, savoir gérer des bases de données des élèves, rédiger des rapports et encadrer des adolescents.»

L’ancien professeur d’His­toire et de Géographie propose alors : «L’externalisation de la fonction de surveillance en procédant ainsi : lancement d’un appel à candidatures au niveau des inspections d’Aca­démie sur la base d’un profil précis : Bac+2 minimum avec maîtrise de l’outil informatique ; contractualisation entre les jeunes retenus, le ministère ou les académies ; une rémunération motivante avec un salaire de base d’au moins 200 mille francs.»

Cette proposition a l’avantage de ne pas dégarnir les écoles élémentaires de leurs enseignants déjà en nombre insuffisant, de lutter contre le chômage des jeunes diplômés et de rehausser la qualité du travail administratif et d’encadrement dans ces ordres d’enseignement.

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