Il n’y a guère, son refus obstiné d’une restructuration de la dette avait valu au pays une autre chute de ses eurobonds. En réaffirmant hier son opposition, le Premier ministre ne risque-t-il de reproduire les mêmes effets ?

Dans son refus obstiné d’une quelconque restructuration de la dette sénégalaise, le Premier ministre Ousmane Sonko n’hésite pas à se contredire. L’homme qui a longtemps affirmé que les finances du pays ne permettent pas aux dirigeants d’entamer un quelconque programme de développement, qui, à chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour parler de la situation du pays, contribuait à enfoncer les finances publiques dans la zone la plus sombre, ne permettant pas de trouver d’accord avec les partenaires financiers internationaux, veut aujourd’hui nous faire croire que la situation du pays se redresse, comme par un coup de baguette magique.

La dette dont il a une fois déclaré que toute personne qui contesterait qu’elle «a été cachée», subirait les rigueurs de sa loi, parce que le gouvernement de Macky Sall l’a porté à un niveau «inimaginable», comme l’avait soutenu Edward Gemayel du Fmi, est devenue «viable», malgré son niveau de 132% du Pib, selon les dires du Fmi.

Et puisque l’on en est à ce niveau, le Premier ministre ne veut pas entendre parler d’une quelconque restructuration de ladite dette. Devant son homologue mauritanien en visite au Sénégal, M. Sonko répondait à des journalistes au cours d’un point de presse. Le Premier ministre estime, selon des déclarations rapportées par des médias, que «les projections en termes de croissance et de recettes «sont raisonnables». Il a relevé que sans aucun apport jusqu’à présent, le gouvernement a réussi à «refinancer cette dette, principalement sur le marché régional».

Est-ce le début de la sagesse ou bien une nouvelle escalade ? On sait que la valeur des eurobonds du Sénégal échus en 2028, avait repris du poil de la bête en début d’année, en gagnant 6, 5% de hausse, pour se stabiliser à 71% de sa valeur, après avoir perdu près de 67% l’année dernière. Et cette chute des eurobonds l’année dernière, avait pour l’essentiel, été la conséquence des déclarations tonitruantes du chef du gouvernement.

De même, le désaccord persistant avec le Fmi sur la restructuration de la dette, dont M. Sonko a dit hier qu’elle n’est pas une position personnelle à lui, mais celle de tout le gouvernement, avait été la cause d’une chute des eurobonds à la suite de son tera meeting du 8 novembre dernier, et d’une suspension des négociations avec le principal partenaire financier du pays.

Ousmane Sonko se félicite de ce que le pays pourrait récolter près de 1000 milliards de Cfa additionnels au budget, grâce au Pres qu’il a initié et qui aurait permis une lente reprise de l’économie.

Outre que seul le gouvernement et les membres de Pastef semblent être les seuls à percevoir cette reprise économique, on verra dans les jours à venir si les affirmations péremptoires du leader de Pastef ne vont pas coûter cher à l’économie.

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