Juste avant les festivités de Noël, le phénomène de l’émigration irrégulière a fait un autre lot de victimes, avec une pirogue qui a coulé au large de Ngazobil, à quelques kilomètres de Joal, sur la Petite-Côte. Si une douzaine de morts ont été dénombrés, la tragédie pourrait être plus atroce, car il se dit que l’embarcation contenait au départ environ 200 personnes dont seules 37 ont pu être retrouvées.

Par Alioune Badara CISS (Correspondant) – La série noire de l’émigration irrégulière se poursuit sur les côtes sénégalaises. Dans la nuit du 23 au 24 décembre 2025, un naufrage survenu au large de Joal a coûté la vie à au moins 12 personnes. Parallèlement, une autre embarcation transportant plus d’une centaine de migrants a été interceptée par la gendarmerie à Popenguine.

Le drame s’est produit aux alentours de 5 heures du matin. Une pirogue de clandestins a chaviré sur la plage de Ngazobil, non loin de Joal. Selon les premières conclusions de l’enquête de la gendarmerie, les secours ont dénombré 12 décès. Selon les témoignages des rescapés, l’embarcation trans­portait environ 200 passagers, alors qu’elle n’était pas conçue pour une telle charge.

Sur les lieux, 32 rescapés ont pu être secourus. Parmi eux, figurent 20 Sénégalais, 7 Guinéens et 5 Gambiens.

Si l’embarcation avait initialement pris le départ en Ca­samance avec, selon les témoignages, plus d’une centaine de passagers à bord, le sort du reste de l’équipage demeure inconnu. Les convoyeurs, quant à eux, ne sont pas encore identifiés.

Le chavirement s’est produit à une distance relativement proche de la rive, ce qui a permis à certains passagers de regagner la plage de Ngazobil à la nage.

Si le chiffre de 200 passagers au départ est confirmé, cela signifierait qu’environ 150 personnes sont toujours portées disparues en mer. Les recherches menées par la Marine nationale et les pêcheurs locaux se poursuivent.

Une seconde pirogue stoppée à Popenguine

La vigilance des Forces de l’ordre a également permis d’éviter un autre drame potentiel le 23 décembre. Suite à un renseignement de la Marine nationale, la Brigade territoriale de Popenguine a intercepté, vers 13 heures, une pirogue ayant à son bord 123 candidats à la migration.

Ce groupe, parti de Bara, en Gambie, le samedi 20 décembre, présentait des passagers particulièrement vulnérables, incluant 20 femmes et 2 enfants. La diversité des nationalités confirme l’ampleur régionale du phénomène : 37 Maliens, 38 Guinéens, 27 Séné­galais, 19 Gambiens et 2 Ivoi­riens.

Ces tentatives de traversée ne sont pas le fruit du hasard. Selon les autorités, les réseaux de passeurs utilisent un modus operandi bien précis, ils profitent de la période des fêtes, comme Noël, espérant une baisse de la vigilance ou une démobilisation des Forces de défense et de sécurité pour emprunter la mer.

Malgré cette stratégie, la surveillance côtière reste active pour tenter de freiner ces départs périlleux vers l’Europe.

Toutefois, il faut noter que les opérations de recherche se poursuivent au large de Joal pour retrouver d’éventuels dis­parus du premier naufrage.

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