Le climat social est en ébullition au Sénégal après le décès tragique de Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, lors d’une intervention des Forces de l’ordre sur le campus. Face à des résultats d’autopsie qualifiés d’accablants, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) est montée au créneau, ce 16 février 2026, pour exiger une enquête criminelle indépendante et une réforme profonde de la sécurité universitaire.

L’émotion a laissé place à l’indignation suite à la publication des conclusions médicales concernant la mort du jeune étudiant Abdoulaye Ba. Selon l’Unsas, l’autopsie, réalisée le 10 février à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, ne laisse aucune place au doute quant à la violence des faits. Pour la Centrale syndicale, ces constats rejettent formellement toute thèse de mort naturelle ou accidentelle, relevant plutôt une responsabilité directe des interventions policières. Elle lance un appel à une enquête criminelle et à des sanctions.

L’Unsas condamne fermement ce qu’elle qualifie de «violences policières» et interpelle directement l’Etat. Le syndicat exige le lancement immédiat d’une enquête criminelle qui devra être approfondie et indépendante, impartiale et transparente, et aboutissant à des sanctions exemplaires contre les auteurs identifiés.

L’Université, un «temple du savoir» et non une caserne

Au-delà de l’aspect judiciaire, l’organisation syndicale pointe du doigt la gestion sécuritaire des campus. Elle rappelle que l’intervention des Forces de l’ordre, si elle s’avère nécessaire, doit impérativement être em­preinte de professionnalisme. «L’Université ne saurait être ni un champ de bataille, ni une caserne», martèle le communiqué du Secrétariat exécutif.

L’Unsas exhorte le gouvernement à initier une réflexion de fond sur la réforme des universités. Cette réforme doit, selon elle, garantir la protection de tous les usagers -étudiants, enseignants et personnels administratifs- à travers un dialogue inclusif et sincère, loin de la répression et des blocages académiques.