Alors que la course à la succession de António Guterres entre dans une phase décisive au Conseil de sécurité, la candidature de Macky Sall n’avance pas trop dans les intentions. Avec 9 avis défavorables lors du troisième vote indicatif ce vendredi 18 septembre, l’ancien Président sénégalais recule à la 5e place, distancé par une dynamique largement favorable aux candidatures féminines d’Amérique latine.
Par Justin GOMIS – A quelques jours de l’ouverture du Sommet annuel des Nations unies à New York, la course à la succession de António Guterres s’intensifie au Conseil de sécurité. Lors du troisième vote indicatif organisé à huis clos ce vendredi 18 septembre 2026, l’ancien Président Macky Sall a enregistré un recul inquiétant, se retrouvant à la traîne derrière un peloton de tête dominé par des candidatures féminines et latino-américaines.
Alors qu’il tentait de faire valoir son expérience diplomatique et africaine, Macky Sall voit ses soutiens s’éroder au sein des 15 membres du Conseil de sécurité. Selon les résultats des votes informels : lors du 1er vote (30 juillet 2026), il avait 6 encouragements, 7 avis défavorables, 2 sans avis (5e rang sur 7 candidats) ; pour le 2ᵉ vote (21 août 2026), il avait obtenu 6 encouragements, 7 avis défavorables, 2 sans avis (4/8). Enfin, durant le 3e vote (18 septembre 2026), il s’est contenté de 5 encouragements, 9 avis défavorables, 1 sans avis (5/8). Avec 9 avis défavorables enregistrés ce vendredi, l’ancien chef d’Etat essuie son score le plus négatif depuis le début du processus, s’éloignant de la barre minimale des 9 votes favorables requis sans veto des membres permanents.
La dynamique favorable aux femmes d’Amérique latine
Cette perte de vitesse de la candidature africaine profite à Rebeca Grynspan. L’ex-vice-présidente du Costa Rica et ancienne patronne de la Cnuced est arrivée en tête de ce troisième scrutin avec 9 «encouragements», 5 «découragements» et 1 «sans opinion».
Elle devance la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett (8-6-1), confirmant la double tendance forte de ce scrutin : l’application de la règle non écrite d’alternance géographique au profit de l’Amérique latine, associée à une poussée diplomatique majeure pour porter, pour la première fois, une femme à la tête de l’organisation internationale.
Un contexte de crise globale
Macky Sall se retrouve au coude-à-coude avec d’autres candidats de second rang comme l’Ougandais Olara Otunnu (5-7-3) et l’Argentin Rafael Grossi (5-8-2). Le futur Secrétaire général, qui prendra ses fonctions le 1er janvier, héritera d’une institution confrontée à des divisions paralysantes, une crise financière aiguë et une multiplication des conflits mondiaux. La diplomatie sénégalaise devra rapidement réajuster sa stratégie si elle espère inverser la tendance lors des prochains tours de scrutin.
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