Le Sénégal, un acteur de paix au-delà des frontières africaines ? C’est le vœu formulé par l’ambassadeur iranien Hassan Asgari. Estimant que la voix de Dakar est «très respectée» sur la scène mondiale, le diplomate a invité le gouvernement sénégalais à user de son influence pour médiatiser la crise opposant l’Iran, Israël et les Etats-Unis, citant en exemple les succès diplomatiques du pays au sein de la Cedeao.

Fort de sa stabilité et de son aura diplomatique, le Sénégal est appelé par Téhéran à user de son influence pour désamorcer les tensions croissantes au Moyen-Orient. L’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Dakar, Hassan Asgari, a salué hier la posture de «retenue» et de «dialogue» prônée par les autorités sénégalaises lors de son point de presse sur la guerre en Iran. Pour la diplomatie iranienne, le Sénégal dispose d’atouts nécessaires pour agir comme un pont entre les parties en conflit. «Le Sénégal peut jouer un rôle déterminant en tant que médiateur pour le maintien de la sécurité mondiale et, spécifiquement, dans le dossier iranien», a déclaré Hassan Asgari lors d’un échange avec la presse. Le diplomate a insisté sur le prestige dont jouit le pays de la Teranga sur la scène internationale : «Le Sénégal est un pays stable, sécurisé et profondément respecté. Son influence, tant au niveau africain que mondial, lui permet d’intervenir efficacement dans la résolution de crises complexes.»

L’expérience sénégalaise en partage

Pour étayer ses propos, l’ambassadeur a rappelé les succès récents de la diplomatie sénégalaise, notamment son rôle décisif dans la gestion des tensions post-électorales en Guinée-Bissau et son leadership constructif au sein de la Cedeao. Cette expertise en «soft power» est, selon lui, un gage de crédibilité pour aborder le dossier brûlant du Moyen-Orient. Hassan Asgari a également tenu à saluer la réaction officielle de Dakar. Samedi dernier, le gouvernement sénégalais avait exprimé sa «vive préoccupation» face à l’escalade de la violence, appelant à la retenue et au dialogue pour éviter un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.

Le diplomate a particulièrement loué la cohérence des autorités actuelles : Téhéran apprécie la fermeté de Dakar face aux récentes opérations militaires. L’ambassadeur a cité l’analyse du Premier ministre Ousmane Sonko concernant l’affaiblissement du Droit international et les interventions menées hors mandats onusiens. «La convergence de vues entre le président de la République, le Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères démontre que le Sénégal est prêt à assumer un rôle de premier plan», a conclu Hassan Asgari.