Lundi de tensions judiciaires à Dakar. Alors que Cheikh Oumar Diagne a été placé sous mandat de dépôt hier pour «diffusion de fausses nouvelles» et attend son procès en flagrant délit dès mercredi, le cas de Me Moussa Diop cristallise les débats à la Sûreté urbaine. Entre dénonciations de violations procédurales et invocation du privilège de juridiction par ses confrères, l’audition de l’avocat inscrit au Barreau de Paris prend une tournure de bras de fer juridique entre le Parquet et le Bâtonnat.
La scène judiciaire dakaroise est en pleine ébullition ce lundi. Entre placement sous mandat de dépôt et contestations procédurales, deux dossiers brûlants retiennent l’attention de l’opinion publique : celui de Cheikh Oumar Diagne et celui de l’avocat Me Moussa Diop. Déféré au Parquet de Dakar, ce lundi matin, sous l’accusation de diffusion de fausses nouvelles, Cheikh Oumar Diagne a vu sa situation s’alourdir. Après un face-à-face déterminant avec le procureur de la République, il a été placé sous mandat de dépôt.
L’affaire ne traînera pas dans les couloirs du Palais de justice : son jugement est d’ores et déjà programmé pour ce mercredi devant le Tribunal des flagrants délits de Dakar.
Affaire Me Moussa Diop : une procédure jugée «illégale» par la défense
Parallèlement, au Commissariat central de Dakar, l’ambiance est électrique. Convoqué à 10 h par la Sûreté Urbaine (Su), Me Moussa Diop, avocat au Barreau de Paris, est toujours retenu dans les locaux de la police. Si aucune décision formelle n’a encore été prise à son encontre, ses conseils montent au créneau pour dénoncer une violation flagrante des textes.
Le privilège de juridiction est au cœur du débat : le pool d’avocats de Me Diop, composé notamment de Mes El Hadj Diouf et Ousseynou Babou, invoque une entorse grave aux statuts de la profession : selon la défense, l’article 46 des textes régissant la profession d’avocat interdit toute convocation de ces derniers par la police. Seul un magistrat désigné par le Procureur général serait habilité à les entendre. Me El Hadj Diouf souligne que, grâce à la convention judiciaire entre le Sénégal et la France, Me Moussa Diop doit bénéficier des mêmes protections et privilèges de juridiction que ses confrères inscrits au Barreau de Dakar. «On a violé les droits d’un avocat inscrit en France. C’est une humiliation», a martelé Me El Hadj Diouf, exigeant l’arrêt immédiat de la procédure.
