Au lendemain des fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar et sa banlieue, la capitale s’est réveillée les pieds dans l’eau. Axes majeurs transformés en mares, véhicules immobilisés, embouteillages interminables et quartiers noyés : de Keur Massar à Guédiawaye, en passant par la Vdn 3, Grand-Yoff, Castors et Pikine, les populations paient encore le prix fort d’un hivernage dévastateur.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – La pluie est passée, mais l’eau refuse de partir. Au lendemain des précipitations, la capitale et sa banlieue offrent un visage méconnaissable. Les grandes voies et les artères secondaires sont envahies. Il faut ralentir, contourner ou rebrousser chemin. Pour les usagers comme pour les habitants, chaque déplacement devient une épreuve.
A Keur Massar, dès les premières heures de la matinée, au niveau de Tolou Ablaye Wade, le rond-point et ses alentours sont pris d’assaut vers 7 heures. Le problème n’est pas l’absence de passagers, mais celle des véhicules. Les voyageurs attendent, scrutant chaque voiture susceptible de les rapprocher de leur destination et finissent par accepter des détours difficiles.
Vdn 3 : l’axe du calvaire
Sur la Vdn 3, en direction de Malika et du rond-point Gadaye, une importante nappe d’eau occupe la chaussée, transformant cet axe en parcours d’obstacles. Plusieurs véhicules finissent immobilisés après avoir tenté la traversée. D’autres restent bloqués au milieu des eaux. Les automobilistes avancent avec une extrême prudence : chaque passage devient un pari.
Au pont de Diamalaye, l’un des grands ouvrages de circulation se retrouve noyé. Les véhicules s’étirent en file indienne sur une longue distance, jusqu’aux environs du Cices. La circulation est presque figée, les klaxons se mêlent aux bruits des moteurs et aux inquiétudes des passagers bloqués.
De Dakar à Pikine, la route devient une épreuve
Pour mesurer l’ampleur des difficultés en transport en commun, départ de l’Ucad après-midi à bord d’un bus Tata vers Pikine. Dès l’avenue Bourguiba, le trafic est dense. Pour atteindre Front de terre, il faut s’armer sa patience : à hauteur de l’échangeur, l’eau perturbe gravement les voies. Les déviations imposées forcent à zigzaguer dans les ruelles de Castors avant de rejoindre Liberté 6.
A Grand-Yoff, l’eau a également investi la chaussée. Des tuyaux et dispositifs d’évacuation témoignent des efforts engagés, mais la stagnation reste un frein majeur. Sur l’axe menant vers Pikine, la circulation ne retrouve pas son rythme et le moindre incident crée un effet domino. Les usagers ne comptent plus leur temps en minutes, mais en heures.
A Guédiawaye, le constat est encore plus lourd. Dans plusieurs quartiers, les eaux stagnent toujours. Pour les habitants touchés, la fin de la pluie ne signifie pas la fin de l’épreuve : l’eau reste devant les maisons et dans les rues. La résignation gagne du terrain et beaucoup s’en remettent au Tout-Puissant, tout en espérant une aide d’urgence.
Les services de l’Etat sont pourtant mobilisés depuis le début de l’hivernage, avec des milliards de francs Cfa investis dans les ouvrages d’assainissement. Mais les pluies récentes ont une nouvelle fois mis ces dispositifs à rude épreuve. Les efforts sont réels, mais sur le terrain, les populations font face à d’immenses difficultés dès que les précipitations s’intensifient. A Dakar, la bataille contre l’eau continue. Car l’eau reste têtue, et pour ceux qui la subissent au quotidien, l’hivernage est loin d’être terminé.
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