Quelques jours après la conclusion d’un accord financier avec le Fmi, l’agence S&P Global Ratings a abaissé la note souveraine du Sénégal à «CC». Cette décision, motivée par le récent Plan de traitement de la dette, place le pays au bord du défaut de paiement sur ses engagements extérieurs.

Le répit aura été de courte durée pour les finances publiques sénégalaises. Quelques jours seulement après l’annonce d’un accord technique de 2, 2 milliards de dollars conclu avec le Fonds monétaire international (Fmi), le couperet des agences de notation est tombé. Vendredi 4 septembre 2026, S&P Global Ratings a fortement dégradé la note souveraine du Sénégal en devises, la faisant passer de «CCC+» à «CC», assortie d’une perspective négative. La note en monnaie locale est quant à elle ramenée à «CCC».

Cette sanction financière intervient dans la foulée d’une décision similaire de Moody’s, intervenue fin août à la suite des révélations sur le niveau réel de la dette publique héritée de l’ancienne administration. Pour S&P, le catalyseur immédiat de ce nouvel abaissement réside dans le Plan de traitement de la dette du Sénégal (Ptds), officialisé le 1er septembre par les autorités.

L’agence d’évaluation estime que ce projet de restructuration contraindra la dette commerciale extérieure. Selon S&P, les négociations en cours impliqueront que les créanciers détenteurs de titres en devises subissent des pertes, que ce soit par une réduction du principal, un abaissement des taux d’intérêt ou un rééchelonnement des échéances. L’agence qualifie désormais un défaut d’exécution ou un échange de titres sous contrainte d’«extrêmement probable».

Placé désormais à un seul cran de la catégorie de défaut effectif, le Sénégal fait face à un double défi : exécuter son programme de rigueur budgétaire sous l’égide du Fmi tout en négociant des concessions auprès de ses bailleurs internationaux pour éviter une rupture de paiement irrémédiable.