Accusé d’avoir siphonné les caisses d’une entreprise française en substituant ses coordonnées bancaires à celles des fournisseurs, un ressortissant étranger a été déféré devant la Justice financière. Le préjudice total dépasse 1, 13 milliard de francs Cfa.

Une fraude financière d’une ampleur inédite vient de con­naître son premier dénouement judiciaire. Les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic) ont interpellé et déféré devant le Parquet financier, un ressortissant étranger, au cœur d’une ténébreuse affaire de blanchiment et de détournement de fonds.

L’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par le représentant d’une société établie en France. Les chefs d’accusation retenus contre le mis en cause font froid dans le dos : abus de confiance, faux et usage de faux en écritures privées de banque, et blanchiment de capitaux. Au total, le montant des sommes évaporées s’élève précisément à 1 134 739 311 francs Cfa.

Un mode opératoire d’une simplicité déconcertante

Selon les révélations de l’enquête menée par la Dic, le suspect profitait pleinement de sa position stratégique au sein de la structure plaignante. En sa qualité de comptable, il avait un accès direct et privilégié aux comptes bancaires de l’entreprise.

Pour détourner l’argent à son profit, il a mis en place un stratagème bien rodé : il modifiait les Relevés d’identité bancaire (Rib) des fournisseurs de la société pour les remplacer par ses propres coordonnées bancaires. Les virements destinés au règlement des factures de ces prestataires atterrissaient ainsi directement sur ses comptes personnels.

Passation aux aveux complets

Convoqué et entendu dans les locaux de la Dic en présence de son avocat, l’homme ne s’est pas dérobé. Interrogé sur la matérialité des faits, il a tout reconnu sans réserve. Le mis en cause a détaillé avec précision la manière dont il procédait au retrait quasi immédiat des fonds une fois ces derniers crédités sur ses comptes, avant de les injecter dans le circuit financier pour son usage personnel.

Un train de vie au-dessus de ses moyens

Pour expliquer la dérive de cette mécanique frauduleuse, le comptable a invoqué des motifs d’ordre privé. Il a soutenu que son train de vie particulièrement élevé dépassait largement le cadre de ses revenus salariaux. Pour combler l’écart et financer ses dépenses somptuaires, il avait pris l’habitude de prélever des sommes de manière progressive, jusqu’à atteindre l’astronomique montant de 1, 134 milliard de F.

Le prévenu a été mis à la disposition du Parquet financier pour la suite de la procédure. Alors qu’une information judiciaire devrait être ouverte, les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices ou de localiser des actifs acquis grâce à l’argent détourné.