Le Président Bassirou Diomaye Faye a désormais son propre appareil politique. En lançant samedi dernier, avec ses sympathisants et militants, «Kiiraay – Les patriotes républicains/La Patrie d’abord», Diomaye Faye a appelé à l’apaisement, au rassemblement, à la concorde pour protéger la République et ses institutions.
Par Dieynaba KANE – Le compagnonnage entre Pastef et le Président Diomaye Faye se conjugue désormais au passé. Le chef de l’Etat a lancé, samedi, son parti politique dénommé «Kiiraay – Les patriotes républicains/La Patrie d’abord». Lors du lancement de sa formation politique, le Président Diomaye Faye a lancé des piques à ses anciens camarades, surtout à son ex-leader Ousmane Sonko, sans le citer. «Désormais, aucun va-t-en-guerre (Sa Fitna en wolof) ne pourra troubler la quiétude des Sénégalais et leur désir de mieux servir la République», dit-il sous forme de mise en garde à l’endroit de son ex-Premier ministre et camarade de parti. C’était dans une autre vie !
En procédant au lancement de ce parti, le Président Faye a tenu à faire la différence entre le statut d’opposant et de dirigeant. Il dit : «J’ai compris que quand on est opposant, on est responsable de rien de toute façon. Mais j’ai compris aussi que lorsqu’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout de toutes les façons. J’ai compris que ce qui tient un pays dans le calme comme dans la tempête, ce ne sont ni les slogans, ni les foules, ni les hommes et les femmes, ce sont les institutions.» Par conséquent, il estime que c’est un devoir de les protéger. Et d’indiquer : «Les hommes passent, et je passerai comme les autres, mais les institutions restent, et tant qu’elles resteront, le Sénégal demeurera. Voilà pourquoi je le dis avec la gravité de celui qui a mesuré ces choses. Quiconque affaiblit une institution affaiblit la maison de tous. Et protéger les institutions, ce n’est pas défendre un pouvoir, c’est défendre les institutions constitutionnelles.»
Insistant sur la paix et la stabilité du pays, M. Faye soutient que «ce pays a changé de dirigeant sans brûler, il a connu des colères sans se défaire, chaque génération l’a reçu debout et l’a transmis debout». Et de revenir sur les violences entre 2021-2024 : «Puis sont venues les années que nous savons. Les mots qui blessent sont devenus le langage ordinaire, les familles divisées jusque dans leur repas et des jeunes, hélas, qui ne rentreront jamais chez eux.» Affichant ses regrets, il estime qu’aucune «cause ne vaut la vie d’un Sénégalais». Pensant aux disparus, Bassirou Diomaye Faye assure que «rien de ce que nous construisons ne reposera sur l’oubli». «Ayons une pensée pour tout ceux qui, avant l’indépendance et de l’indépendance à nos jours, ont payé de leur vie, de leur sang, de leurs larmes et de leur liberté pour construire ce pays dont nous avons hérité. Leur mémoire ne demande ni vengeance ni silence, elle nous demande de faire en sorte que plus jamais dans ce pays un désaccord politique ne coûte une vie», a-t-il insisté.
S’agissant de son parti politique, le président de la République veut en faire «une maison commune». «Fonder, c’est semer une graine. Fonder est une œuvre que l’on ne réalise qu’avec ceux en qui on croit et ceux qui croient en nous (…) Le temps est le plus honnête des juges, il sépare à la fin ce qui nourrit de ce qui occupe, ce qui construit de ce qui promet, et ce qui sert de ce qui dessert. La vie publique a ses semailles et ses moissons, elle a ses saisons de déceptions. Chez nous, le paysan ne passe pas son temps à maudire l’herbe folle, il se lève avant le jour, il choisit sa semence et il retourne au champ. Alors me voici au champ !», a-t-il lancé. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, nous confions à la terre sénégalaise une semence nouvelle ; elle a des textes et elle aura des visages dans chaque commune, dans chaque village, chaque quartier et partout où vit notre diaspora.»
Se voulant rassembleur, il rappelle qu’étant le Président de tous les Sénégalais, il «n’a pas le droit de parler à une salle». «Par-dessus ce lieu, je veux parler au pays tout entier. Ce jour appartient à tous les Sénégalais et il consacre une certaine idée du Sénégal, une idée simple mais haute que je porte depuis l’enfance et que deux années à la tête de l’Etat ont gravée en moi comme une certitude. Cette idée, c’est que seule la République protège et protège tout le monde. Cette idée, c’est que nous devons tous nous mettre à son service et la protéger. Voilà un peu plus de deux ans que je porte, par la grâce de Dieu et par Sa volonté, cette charge», a déclaré le chef de l’Etat. En outre, il estime que «ce que ces années ont défait, il nous appartient de le réparer». Optimiste, le Président Faye rassure : «Notre histoire nous enseigne que nous en sommes capables, car ce Peuple a toujours su retrouver de la concorde. Nous sommes aujourd’hui réunis pour reprendre ce chemin. Voilà le sens du legs, nous n’en sommes pas les propriétaires, nous en sommes les dépositaires, et notre devoir est de le transmettre intact aux générations futures, et mieux encore, de le transmettre grandi.»
D’après lui, «la maison «Kiiraay – Les patriotes républicains» se donnera des règles avant de se donner des ambitions». Ainsi affirme-t-il qu’«elle aura l’éthique pour fondation. On y entrera pour servir et jamais pour se servir, les responsabilités y seront des devoirs et non des récompenses, et nul n’y trouvera un abri pour ses fautes, car la Justice de ce pays est et restera indépendante. Ce parti est né aujourd’hui, il grandit aujourd’hui et il vaincra (…)».
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