Alors que l’Assemblée nationale est saisie d’un projet de réforme de la Constitution porté par la majorité parlementaire, le Conseil national du laïcat du Sénégal (Cnls) brise le silence. Dans une lettre ouverte adressée le 28 juin 2026 au Président Bassirou Diomaye Faye, l’organisation catholique exprime sa «profonde préoccupation» face à une démarche jugée précipitée et sans consensus, mettant en garde contre le risque d’une instabilité institutionnelle au détriment des urgences sociales du pays.
Dans une lettre ouverte solennelle adressée au président de la République, le Conseil national du laïcat du Sénégal (Cnls) a exprimé ses vives inquiétudes face au projet de réforme constitutionnelle actuellement porté par les députés de la majorité parlementaire. L’organisation catholique, présidée par Dr Philippe Abraham Birane Tine, désapprouve une «dynamique précipitée» et rappelle que, depuis l’indépendance, aucune révision majeure de la Loi fondamentale ne s’est faite en marge des Forces vives de la Nation.
Pour le Conseil du laïcat, la Constitution représente le «socle sacré de notre vivre-ensemble». A ce titre, sa modification ne peut être dictée par l’urgence ou par des circonstances conjoncturelles. Le texte rappelle fermement que bien qu’investis d’un mandat populaire, ils ne peuvent s’approprier un débat si déterminant pour l’avenir du pays. Le Cnls soutient que le processus aurait dû inclure un examen approfondi à l’Assemblée, des consultations ouvertes (partis, chefs religieux, Société civile, universitaires), une campagne pédagogique auprès des citoyens et, enfin, une validation par référendum.
L’absence d’un large consensus national fait courir le risque d’une réforme perçue comme partisane, susceptible d’engendrer des ambiguïtés juridiques et de fragiliser la confiance des partenaires internationaux. «Une loi, en particulier constitutionnelle, doit être impersonnelle, intemporelle et conçue pour survivre à plusieurs générations.»
Face aux urgences sociales, un appel à la responsabilité
Interpellant le chef de l’Etat par rapport à son serment constitutionnel, l’organisation l’invite à ne pas laisser l’agenda politique détourner le gouvernement des attentes prioritaires de la population. Le conseil insiste sur le fait que la plupart des Sénégalais sont aujourd’hui confrontés à des urgences économiques, sociales et sécuritaires concrètes, à l’instar de l’emploi des jeunes, de la migration irrégulière et des difficultés du monde rural.
En conclusion, le Conseil national du laïcat exhorte le Président Faye à privilégier la concertation, la sagesse et le respect de la diversité du Peuple sénégalais, réaffirmant son engagement par la prière pour le bien commun de la Nation.
