Le chef de l’Etat a fini par comprendre qu’une bonne politique agricole ne peut se faire sans la sécurisation des producteurs nationaux. Il veut des mesures pour soutenir certaines spéculations spécifiques.

Le chef de l’Etat veut prendre à bras-le-corps la problématique de la commercialisation des produits agricoles. Des années durant, les autorités sénégalaises ont mis l’accent sur la production agricole, en agissant comme si la question de la production allait de soi. Ces derniers mois, la jacquerie des paysans, en particulier de certains producteurs de la vallée du fleuve ainsi que de la zone des Niayes, a conduit à la réalisation que la production ne suffisait pas si les paysans ne parvenaient pas à écouler leurs produits.

On comprend donc que dans son adresse au Conseil des ministres d’hier, Bassirou Diomaye Faye ait demandé à ses collaborateurs «des mesures concertées et efficaces, en liaison avec les acteurs des filières, pour faire face à la récurrence des crises d’écoulement des produits agricoles. Dans ce cadre, il demande au Premier ministre de lui proposer une stratégie de soutien à la commercialisation des produits agricoles et horticoles». Le communiqué du Conseil des ministres souligne que le chef de l’Etat estime que la commercialisation des produits agricoles «constitue une problématique majeure de notre politique de souveraineté alimentaire».

Le Quotidien l’a indiqué il y a trois jours en dénonçant «les contradictions d’une politique agricole» qui favorise la production et laisse les producteurs à la merci des spéculateurs intéressés par les facilités des importations. Que le chef de l’Etat ait entendu notre signal d’alarme ou pas, l’essentiel est qu’il décide d’agir. Il est heureux qu’il mette l’accent sur l’accélération de «la mise en œuvre du programme de réalisation d’équipements de stockage et de conservation», ainsi que de la redéfinition des missions de l’Agence de régulation des marchés (Arm).

Les paysans ainsi que tous les producteurs sénégalais ne peuvent que souhaiter de ne pas avoir à relire des propos similaires dans les communiqués à venir du Conseil des ministres.