Après plusieurs années de léthargie, le Comité national interprofessionnel de l’arachide (Cnia) a officiellement renouvelé ses instances lors d’une Assemblée générale extraordinaire d’orientation tenue à Saly. Porté à la tête de l’organisation à l’issue de deux jours de travaux, Modou Fall incarne ce nouveau départ visant à restructurer en profondeur la chaîne de valeur arachidière.
Par Alioune Badara CISS(Correspondant) – Longtemps paralysé par des blocages institutionnels, le Comité interprofessionnel de l’arachide (Cnia) entame une refonte majeure de sa gouvernance. Ce processus de normalisation, appuyé par l’Etat et des partenaires stratégiques comme la Banque mondiale et l’Agence belge de développement (Enabel), a débouché sur l’élection d’un nouveau bureau et d’un Conseil d’administration représentatif de l’ensemble des acteurs de la filière (producteurs, industriels, exportateurs et artisans).
Présidant la rencontre, Alassane Saïdou Sow, directeur de Cabinet du ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, a rappelé que cette restructuration ne devait pas être «une simple formalité administrative», mais le point de départ d’une réorganisation globale de la filière. «Nous ne pouvons plus raisonner uniquement en termes de production et de commercialisation de graines. Nous devons désormais considérer l’ensemble de la chaîne de valeur : les semences, la mécanisation, le stockage, la transformation et la valorisation des sous-produits», a affirmé Alassane Saïdou Sow, soulignant l’importance de faire de l’arachide un levier de souveraineté économique et alimentaire.
L’Etat a rappelé son engagement financier à travers la mobilisation de plus de 52 milliards de francs Cfa, lors de la campagne 2024-2025, pour soutenir la collecte de 150 000 tonnes d’arachide et maintenir le prix plancher à 305 francs Cfa le kilogramme. Toutefois, le ministère appelle l’interprofession à sortir de la dépendance publique pour aller vers une responsabilité partagée, qui sera formalisée dans une future convention-cadre Etat-Cnia.
Pour les acteurs du secteur, l’urgence réside dans le rétablissement de la confiance et l’action de terrain. Nouveau président élu, Modou Fall n’a pas caché l’ampleur de la tâche qui l’attend pour redynamiser l’organisation. «Nous avons trouvé un Cnia presque à l’agonie. Le cap, c’est de permettre à tous les acteurs de trouver leur compte et d’être le tampon entre le monde rural et l’Etat du Sénégal», a déclaré Modou Fall, promettant l’établissement rapide d’une feuille de route axée sur la productivité et la transformation locale.
Interrogé par ailleurs sur l’avancement de la campagne agricole en cours, le nouveau président s’est voulu rassurant, notant une belle espérance à l’échelle nationale, malgré quelques poches d’inquiétude pluviométriques.
La priorité du nouveau bureau sera désormais de finaliser l’accord-cadre avec les autorités pour doter la filière arachide sénégalaise d’outils de financement durables et inclusifs.
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