A Saly, l’Agence de développement municipal (Adm) a lancé un vaste programme de mise à niveau des collectivités territoriales de Dakar et Thiès. A deux ans du terme du Pacasen, cet atelier de formation sur la planification stratégique et le nouveau régime financier vise à corriger les disparités de gestion et à instaurer une culture de la performance au sein des administrations locales.
Par Alioune Badara CISS – A l’approche de la clôture du Pacasen en 2026, l’Agence de développement municipal (Adm) intensifie le renforcement des capacités des élus et techniciens locaux. Un atelier stratégique s’est ouvert à Saly pour harmoniser les outils de planification et de budgétisation des régions de Dakar et Thiès, avec un accent particulier sur la transparence et la performance financière.
Dans l’optique d’améliorer l’efficacité de l’action publique locale et de consolider les acquis de la décentralisation, un atelier de formation dédié à la planification stratégique et à la programmation budgétaire pluriannuelle s’est ouvert hier à Saly. Cette rencontre, qui réunit les acteurs locaux des régions de Dakar et de Thiès, vise à doter les collectivités territoriales d’outils garantissant une gestion budgétaire plus rigoureuse et transparente. Un virage décisif vers 2026 !
Organisé sous l’égide du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), cet atelier intervient dans un contexte charnière : le programme arrive à échéance le 31 décembre 2026. L’enjeu est désormais de transformer les visions politiques des communes en projets d’investissement concrets, réalistes et financièrement soutenables.
Si le Pacasen a impulsé des avancées notables en matière de renforcement institutionnel, des obstacles persistent dans la maîtrise des outils de gestion. L’articulation, souvent défaillante, entre le Plan de développement communal (Pdc), le Plan triennal d’investissement (Pti) et le budget primitif demeure une préoccupation majeure pour les autorités.
Les exigences de la Cour des comptes
Représentant le Directeur général de l’Adm lors de l’ouverture, le Secrétaire général, Papa Sambaré Ndiaye, a insisté sur l’urgence de corriger ces trajectoires : «des insuffisances persistent dans la cohérence entre les différents outils de planification. A titre d’illustration, les premiers constats de la Cour des comptes révèlent que 19 collectivités territoriales n’ont pas encore satisfait à cette condition minimale obligatoire», a-t-il souligné.
La formation met un accent particulier sur l’appropriation du décret n°2023-2161 du 6 novembre 2023, portant nouveau régime financier des collectivités territoriales. Ce texte marque un tournant décisif en introduisant : une logique de gestion axée sur la performance, une comptabilité patrimoniale, une transparence accrue dans le pilotage des finances locales. Pour Papa Sambaré Ndiaye, la maîtrise de ces outils est un «levier essentiel de bonne gouvernance», permettant de hiérarchiser les priorités dans le temps.
Le Pacasen, soutenu par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (Afd), a bénéficié, en 2024, d’un financement additionnel de 101, 7 millions d’euros (environ 70 milliards de F Cfa). Ces fonds visent non seulement à consolider les capacités institutionnelles, mais aussi à intégrer de manière transversale les enjeux du changement climatique dans les investissements locaux.
L’atelier de Saly, structuré en deux cohortes pour couvrir l’ensemble des bénéficiaires, se veut un cadre d’échanges et de partage de bonnes pratiques. A travers cet accompagnement, l’Etat du Sénégal s’assure que, malgré la rareté des ressources, chaque collectivité soit en mesure de piloter son développement avec efficacité à l’horizon 2026 et au-delà.
abciss@lequotidien.sn
