Dénonçant une «tentative de coup d’Etat parlementaire» orchestrée par Pastef, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) appelle à une union sacrée des Forces vives de la Nation. L’opposition fustige une modification du Règlement intérieur de l’Hémicycle qu’elle qualifie de flagrant délit de violation de la Constitution et du Code électoral.

Par Justin GOMIS – Le bras de fer politique se durcit au Sénégal. Dans une déclaration incisive publiée ce mercredi, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a frontalement attaqué la présence de Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale, la qualifiant d’«illégale et illégitime». Pour la Conférence des leaders du Fdr, le verdict est sans appel : le leader de Pastef «doit être sorti» de l’Hémicycle.

Une «forfaiture» juridique dénoncée par l’opposition

Au cœur du litige, une bataille de textes législatifs. Le Fdr rappelle avec insistance l’article Lo.172 du Code électoral, selon lequel tout ministre élu député perd d’office son mandat parlementaire dans les huit jours s’il ne démissionne pas du gouvernement. Selon l’opposition, le pouvoir en place a tenté de contourner cette règle de manière «honteuse» en modifiant directement le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Une manœuvre qui, selon le Fdr, foule aux pieds l’article 54 de la Constitution. Le Front rappelle que le retour d’un ministre à son poste de député nécessite obligatoirement une loi organique intégrée au Code électoral, une procédure qui ne s’applique d’ailleurs pas au cas de figure de Ousmane Sonko. De plus, le texte actuel violerait le Code électoral en modifiant les règles régissant les listes de suppléants.

Front commun et saisine du Conseil constitutionnel

Face à ce qu’il qualifie de «tentative de coup d’Etat parlementaire», le Fdr se réjouit de la levée de boucliers générale. Pas moins de 147 partis et mouvements ont déjà paraphé une déclaration commune le 24 mai dernier pour faire barrage à cette initiative. «Le combat ainsi mené est un combat pour la démocratie et la stabilisation des institutions du pays, un combat pour le Sénégal», soutient l’organisation.

Le détachement des députés de l’opposition, qui ont formellement saisi le Conseil constitutionnel toutes tendances confondues, a également été salué comme un acte fort de résistance institutionnelle. Le Fdr balaie au passage les arguments de Ousmane Sonko, qui avait tenté de lier cette offensive juridique à une manœuvre politique du président de la République.

Appel à la mobilisation générale

Pour le Fdr, l’heure est à la préservation des acquis démocratiques du pays. Estimant que le respect de la Loi fondamentale est l’unique garant du «vivre-ensemble, dans la paix et la sécurité», le mouvement refuse de laisser s’installer ce qu’il considère comme une profanation programmée des institutions.

En conclusion de sa charge, la Conférence des leaders lance un appel vibrant à toutes les composantes de la société sénégalaise pour s’accorder, «ici et maintenant», sur un plan d’actions de combat. L’objectif affiché reste clair : faire rapporter l’acte de l’Assemblée et faire respecter, ensemble, la Répu­blique du Sénégal.

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