Réunissant des milliers de fidèles à Yoff, la cérémonie officielle de clôture de l’Appel des Layennes a été marquée par le témoignage fort du ministre de l’Intérieur. Mouhamadou Bamba Cissé a magnifié l’apport spirituel du khalife Mouhamadou Lamine Laye, liant la stabilité nationale et les récents succès sportifs à l’intercession des guides religieux.

Par Amadou MBODJI – Réunie dans une ferveur toute blanche entre Cam­bérène, Ngor et Yoff, la communauté layène a célébré, ces dernières 48 h, la 146e édition de l’Appel de Seydina Limamou Laye. Au cœur des commémorations, le coordonnateur de l’événement, Seydina Issa Laye Thiaw, a lancé un appel solennel pour que la solidarité islamique dépasse le stade des discours pour devenir un levier de transformation sociale et économique face aux crises contemporaines. Venu représenter le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, le ministre de l’Intérieur a partagé une confidence inédite lors de la cérémonie officielle, ce mardi à Yoff, en saluant une victoire footballistique sous le sceau de la spiritualité.

Revenant sur le sacre historique des Lions du Sénégal face au Maroc lors de la finale de la Can à Rabat, Mouhamadou Bamba Cissé a confessé avoir vécu des moments de doute avant la rencontre. «J’avoue que j’étais inquiet à la veille de la finale. Mais vos prières à l’endroit de l’Equipe nationale, formulées à la demande de votre fils, le président de la République, m’ont profondément rassuré», a-t-il déclaré face au Khalife général des Layennes. Le ministre est allé plus loin dans son analyse du match, évoquant une influence mystique : «En voyant le déroulement de la finale, on comprend que le spirituel a joué son rôle. Au moment où Brahim Diaz s’élançait pour son penalty, c’est comme si son pied s’était soudainement alourdi.»

Le rempart de la stabilité nationale

Pour le premier flic du pays, cet épisode illustre une réalité profonde : au Sénégal, le matériel ne suffit pas. Le ministre a souligné que la résilience du pays face à l’instabilité qui secoue la sous-région ouest-africaine repose, en grande partie, sur l’autorité morale et spirituelle des confréries. «Le rôle des guides religieux est le socle de notre stabilité. Là où d’autres nations vacillent, le Sénégal tient grâce à cet équilibre entre l’action de l’Etat et la bénédiction de ses chefs spirituels», a-t-il martelé.

Un thème au cœur des défis actuels

La 146e édition de l’Appel, qui a débuté lundi à Cambérène pour s’achever à Yoff, portait cette année sur un thème évocateur : «La solidarité islamique face aux défis contemporains.»

Le ministre de l’Intérieur a chaleureusement félicité le comité d’organisation pour la pertinence de ce choix. Selon lui, cette thématique s’inscrit en droite ligne de l’héritage de Seydina Limamou Laye (Baye Laye) dont le message a toujours été fondé sur : l’égalité absolue entre les êtres humains, sans distinction de race ou d’origine, la pureté du culte et le retour aux valeurs essentielles de l’islam, la cohésion sociale comme remède aux crises modernes.

La cérémonie s’est terminée dans une ferveur religieuse intense, avec des prières formulées par le khalife pour la paix, la prospérité du Sénégal et la réussite de la nouvelle administration.

L’Appel du Mahdi, un héritage de 146 ans

Yoff a célébré dans la ferveur l’Appel de Seydina Limamou Laye lancé en 1884, à l’âge de 40 ans. Son message, lancé sur les rives de la presqu’île du Cap Vert, tenait en une phrase simple mais révolutionnaire : «Adjibo Lahi.» (Répondez à l’appel de Dieu). Durant toute sa mission, il prôna le retour aux valeurs fondamentales de l’islam : la propreté physique et spirituelle, l’égalité raciale et sociale, ainsi qu’un désintérêt pour les biens matériels. 146 ans plus tard, ce rassemblement est devenu l’un des événements religieux les plus marquants du Sénégal, caractérisé par cette discipline exemplaire et cette couleur blanche omniprésente qui efface les distinctions de rang.

Lors de cette édition, les interventions du Khalife général, Mouhamadou Lamine Laye, et de son porte-parole ont été marquées par des appels à la responsabilité individuelle et collective. Voici les points saillants à intégrer à votre récit : Sur la cohérence entre foi et action, il estime que «la solidarité n’est pas une option religieuse, c’est le fondement même de la foi. Croire en Dieu sans aider son prochain est une illusion.» Sur la gestion des ressources nationales, il estime que «les richesses que la terre nous offre ne sont pas des trophées, mais des dépôts que Dieu nous a confiés pour éradiquer la souffrance de nos concitoyens». Sur la jeunesse et l’avenir, il note : «Ne demandez pas à vos enfants de porter le poids de vos ambitions matérielles. La réussite d’un enfant ne se mesure pas à la hauteur de la maison qu’il construit, mais à la noblesse de son caractère.»

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