A l’approche des élections locales de 2027, la scène politique s’anime à Tambacounda. Réunie en conférence de presse ce week-end, une coalition de onze formations politiques de l’opposition a officiellement jeté son dévolu sur l’ancien Premier ministre Me Sidiki Kaba. Portée par des figures locales telles que Sina Cissokho (Ps) et Lassana Kanté (Taxawu Senegaal), cette initiative vise à imposer une candidature de consensus face à la majorité présidentielle incarnée par Pastef, alors même que le principal intéressé ne s’est pas encore prononcé.
Par Abdoulaye FALL – La bataille pour les prochaines élections locales s’annonce d’ores et déjà d’une rare intensité à Tambacounda. Face à la nouvelle majorité présidentielle portée par Pastef, l’opposition a décidé de faire bloc derrière le dernier Premier ministre de Macky Sall, Me Sidiki Kaba. Réunis en point de presse ce samedi, les responsables de cette mouvance ont publiquement officialisé leur stratégie. «Nous, partis membres de l’opposition réunis ce samedi, avons décidé, à l’unanimité, de porter la candidature de Me Sidiki Kaba pour les élections locales de 2027», a martelé Sina Cissokho, président sortant du Conseil départemental et responsable politique du Parti socialiste (Ps). Une position immédiatement appuyée par son camarade Lassana Kanté, du mouvement Taxawu Senegaal, pour qui cette candidature relève de l’évidence : «La candidature de Me Sidiki Kaba est une demande sociale. Ce sont les Tambacoundois eux-mêmes qui réclament son leadership.»
Une coalition de 11 formations politiques
Au total, onze formations politiques ont scellé cet accord. Si huit d’entre elles étaient présentes physiquement lors de la rencontre, trois autres, bien qu’excusées, ont formellement validé la démarche. Parmi les forces en présence, Lassana Kanté a notamment cité Taxawu Senegaal, l’Alliance pour la République (Apr), le Ps, le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), le Fsd/Bj, Gueum sa bopp et Oser l’avenir.
Pour ces alliés de circonstance, le profil de l’ancien chef du gouvernement fait l’unanimité. Ils saluent non seulement sa réputation d’homme d’Etat et son solide carnet d’adresses international, mais aussi son bilan local. Selon ses partisans, Me Sidiki Kaba a multiplié les actions de développement dans la ville et la région, investissant des terrains là où certains maires et présidents de Conseil départemental peinent à agir. «L’avoir sur la ligne de départ, c’est s’assurer une victoire éclatante dès les premières heures du scrutin. S’il est sur les listes, il n’y aura même pas match ; il ne fera qu’une bouchée de ses adversaires», s’enflamme Lassana Kanté.
Convaincre le «Patriarche»
Le principal défi de cette coalition reste cependant d’obtenir le feu vert de l’intéressé. Messieurs Kanté et Cissokho ont d’ailleurs tenu à préciser que Me Sidiki Kaba n’est demandeur d’aucun mandat. «C’est une initiative propre à nos partis. Nous savons qu’il dispose du meilleur profil et qu’il est le seul capable de rallier massivement les suffrages des Tambacoundois. Aujourd’hui, notre unique préoccupation est qu’il accepte notre choix. Et nous sommes convaincus qu’il le fera, par pur attachement au développement de Tambacounda», confient-ils.
Preuve de l’aura transpartisane de l’ancien Premier ministre dans la capitale du Sénégal oriental, Sina Cissokho a conclu la rencontre sur une révélation de taille : même au sein de Pastef, certaines figures locales se diraient prêtes à voter pour Me Sidiki Kaba s’il venait à briguer la mairie, plaçant l’intérêt supérieur de la commune au-dessus des clivages partisans.
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