La campagne de commercialisation de l’arachide bat son plein depuis décembre 2025, la situation sur le terrain continue de se dégrader dans les principaux bassins de production. Points de collecte fermés ou inopérants, opérateurs privés en difficulté financière, prix pratiqués sur les marchés parallèles largement inférieurs au seuil officiel : les producteurs sénégalais font face à une crise profonde, selon plusieurs observateurs de la filière. Dans un communiqué, les cadres de la Renaissance républicaine ont dressé le bilan de la campagne en cours.

Par Malick GAYE – Réunis le 8 janvier 2026, les cadres de la Renaissance républicaine ont qualifié la campagne de commercialisation de l’arachide «d’échec manifeste, prévisible et aujourd’hui assumé» dont les premières victimes sont les agriculteurs. Papa Oumar Seck, coordonnateur des cadres de la Renaissance républicaine, et ses camarades constatent : «Après des mois de labeur, ces agriculteurs se retrouvent abandonnés, appauvris et humiliés, dans un contexte marqué par la paralysie quasi totale de la commercialisation dans les principaux bassins arachidiers. Points de collecte inopérants, opérateurs insolvables et absence de mécanismes fonctionnels obligent de nombreux producteurs à écouler leurs récoltes à vil prix sur des marchés parallèles.» Les cadres de ce mouvement que dirige Abdoulaye Diouf Sarr pointent directement les responsabilités de l’Etat et du pilotage de la filière. «Cette situation résulte de décisions mal préparées, de retards injustifiables et d’un pilotage défaillant de la filière arachidière. L’annonce d’un prix plancher fixé à 305 francs Cfa le kilogramme, sans les moyens financiers nécessaires à son application effective, relève d’une illusion administrative qui trompe les producteurs et fragilise la crédibilité de l’Etat», ont affirmé les cadres de la Renaissance républicaine. Qui ont dénoncé également la «gestion erratique» de la politique d’exportation, marquée, selon eux, par des alternances d’interdictions, d’assouplissements et de restrictions, sans vision stratégique claire. Cette instabilité aurait, selon eux, désorganisé la filière, réduit les débouchés formels et favorisé l’essor des circuits informels. Face à cette crise jugée «profonde», les cadres de la Renaissance républicaine formulent plusieurs exigences précises à l’endroit des autorités : «L’Etat doit assumer pleinement son rôle régulateur et protecteur, notamment en garantissant l’effectivité du prix plancher par des mécanismes financiers crédibles ; améliorant l’accès aux marchés et aux infrastructures de commercialisation ; renforçant la coordination entre l’ensemble des acteurs de la filière ; mettant en place des politiques d’exportation stables, cohérentes et prévisibles.»

Le communiqué prend également acte de l’annonce récente du Premier ministre relative à un «financement exceptionnel» destiné à permettre à la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) d’absorber une partie importante des stocks invendus. Cependant, les cadres restent prudents et appellent à la vigilance : «Nous espérons vivement que cette annonce se traduira rapidement par des actes concrets, et qu’elle ne relèvera pas d’un simple effet d’annonce à visée politicienne, tant l’urgence sociale et économique dans les zones de production impose des réponses effectives et immédiates.»

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