Au lendemain du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, l’heure est à la décrispation politique au Bénin. Paul Hounkpè, unique candidat de l’opposition en lice, a officiellement reconnu sa défaite ce lundi 13 avril, félicitant le grand favori et ministre d’Etat, Romuald Wadagni, avant même la proclamation des résultats définitifs par la Commission électorale nationale autonome (Cena).
Un scrutin sans surprise, mais apaisé. Dans une déclaration empreinte de sobriété, Paul Hounkpè a adressé ses «félicitations républicaines» à son adversaire, soulignant que «la démocratie impose le respect mutuel et l’élévation au-dessus des clivages partisans». Ce geste de l’opposant modéré, qui avait obtenu ses parrainages grâce à une partie de la majorité, vient clore une campagne marquée par une faible mobilisation, selon les premières remontées des observateurs.
L’ombre de l’opposition absente : si ce dénouement garantit une transition sans heurts pour le dauphin désigné du Président sortant Patrice Talon, il intervient dans un contexte politique particulier. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, était absent de la course, faute de parrainages suffisants et suite à des crises internes majeures ayant conduit à la démission de l’ancien Président Thomas Boni Yayi en mars dernier.
Les défis du futur Président : pour Romuald Wadagni, le plus dur commence. Bien que les missions électorales, notamment celle de la Cedeao, aient salué une organisation rigoureuse et un climat de paix, le futur chef de l’Etat devra répondre aux attentes sociales pressantes. Avec une pauvreté estimée à près de 30%, le successeur de Patrice Talon est attendu sur le terrain de la redistribution des fruits de la croissance et de l’apaisement d’une scène politique restée polarisée.
