A la suite du décès tragique de l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba lors de violents heurts avec les Forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a condamné fermement la répression policière et exigé des comptes. Il dénonce une dérive autoritaire et appelle le Peuple sénégalais à une mobilisation massive pour restaurer la justice et les libertés.

Par Malick GAYE – Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) n’a pas mâché ses mots lors de sa conférence de presse tenue hier mardi à Dakar. Face à la mort de l’étudiant Abdou­laye Ba, survenue la veille lors d’affrontements à l’Ucad, le coordonnateur du Fdr, Oumar Sarr, a qualifié cet événement d’«inacceptable» et de «violence impardonnable» exercée par les Forces de l’ordre contre des étudiants dont «le seul tort était de réclamer le paiement de leurs bourses pour étudier dans des conditions minimales de réussite».

Selon le Fdr, cette tragédie n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’une crise plus profonde touchant l’université sénégalaise et le pays tout entier. Le front dénonce une «répression accrue», des interventions «injustifiées» des Forces de défense et de sécurité sur les campus, ainsi qu’un acharnement judiciaire contre les opposants, les journalistes et les leaders d’opinion. Oumar Sarr a également pointé du doigt les failles dans la gestion des documents d’identité, l’inflation galopante, le chômage endémique et une dette intérieure abyssale, qui aggravent le climat social.

«Cette mort est inacceptable. La violence exercée sur les étudiants est impardonnable», a martelé Oumar Sarr, avant de condamner sans réserve l’intervention des Forces de sécurité dans les espaces universitaires, qualifiée d’atteinte aux franchises universitaires.

Dans la même logique, le Fdr exige que «toutes les responsabilités soient situées dans la mort de Abdoulaye Ba et les violences associées ; la réouverture immédiate des restaurants universitaires, fermés depuis plusieurs jours et au cœur des revendications estudiantines ; le retrait sans délai des Forces de l’ordre des campus». Le parti a par ailleurs annoncé une grande mobilisation populaire le 16 février 2026 devant l’Assemblée nationale, marquant le lancement d’une série d’actions destinées à «restaurer la justice et rectifier la trajectoire du pays».

Oumar Sarr a conclu son intervention par un appel vibrant : «L’heure n’est plus à l’observation ou à la simple dénonciation : elle est à la résistance concrète.» Il a invité «le Peuple sénégalais à se lever comme un seul homme pour sauver le Sénégal, sa stabilité, sa démocratie et ses libertés».

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